ENQUETE FRANCE 2. En banlieue parisienne, des marchands de sommeil derrière des pavillons de misère

À quelques kilomètres de Paris, les marchands de sommeil profitent d'une population défavorisée. Les propriétaires de pavillons découpent ces derniers en plusieurs logements pour optimiser leurs loyers. Si la méthode est légale, les conditions de salubrité ne le sont pas toujours.

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Au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), la grille d'entrée d'un pavillon de banlieue dans une rue tranquille. Et lorsqu'on pousse la porte, dix boîtes aux lettres correspondant à autant de logements. À l'intérieur, une montée d'escalier et un vestibule bien tenu. Pas de noms sur les portes : rien qui permet d'imaginer ce qui se trouver derrière, des réduits. C'est en tout cas le cas chez cette locataire qui nous ouvre sa porte en caméra cachée. Elle a tout juste la place de déplier un lit. 300 euros pour ce studio sans cuisine. Jointe par téléphone, la propriétaire prétend qu'elle est parfaitement en règle. La propriétaire se cache derrière la location saisonnière, comme elle le ferait avec des touristes. C'est d'ailleurs ce qu'elle fait croire à la mairie de sa commune.

Un garage loué 850 euros par une famille sri-lankaise

La lutte contre les marchands de sommeil dans les pavillons de banlieue : certains maires en ont fait leur priorité. Thierry Meignen, l'édile du Blanc-Mesnil, a même créé une brigade d'employés municipaux pour les repérer. Dans ce pavillon, quatre logements. Une famille entière vit dans le garage. Ils sont sri lankais : trois adolescentes et leur mère, dans ce trois-pièces insalubre. Dans l'une des chambres, une cloison a été construite derrière la porte du garage. Impossible d'ouvrir la fenêtre, aucune isolation : l'humidité a rendu tout le monde malade. Le propriétaire fait payer 850 euros de loyer, sans compter l'eau et l'électricité. En tout, plus de 1 200 euros par mois pour une location totalement illégale. En principe, le propriétaire doit reloger ses locataires et risque de voir son bien saisi. Encore faut-il prouver l'insalubrité, saisir la justice et obtenir condamnation. En 2016, la mairie du Blanc-Mesnil a transmis 114 cas de pavillons divisés illégalement à la justice.

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Une clef, symbole pour un propriétaire immobilier. (JONAS HAMERS / BELGA MAG)