Crédits immobiliers : le durcissement des conditions d'accès pénalisera "les plus jeunes", prévient la porte-parole de Meilleurtaux.com

Selon Maël Bernier, les petits investisseurs locatifs comme un foyer souhaitant acheter un studio en plus de leur résidence principal pour financer leur retraite ou y loger un enfant pendant ses études, seront eux aussi pénalisés.

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Radio France
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Crédit immobilier (illustration). (FRED TANNEAU / AFP)

D'ici la fin de l'été, les banques ne pourront plus accorder de crédit immobilier à rembourser sur plus de 27 ans ou dont le montant des traites mensuelles dépasse 35% du revenu des emprunteurs. C'est la conséquence d'une décision mardi du Haut Conseil de stabilité financière, organisme officiel chargé de réguler le secteur bancaire. Invitée de franceinfo ce mercredi 16 juin, Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.com, estime que ce changement pénalisera "les plus jeunes" et potentiellement "les petits investisseurs locatifs".

Ce tour de vis était-il nécessaire ?

Absolument pas, les banques n'ont jamais fait n'importe quoi. Il y a quelques années, on leur reprochait de ne prêter qu'aux riches. C'est assez drôle de voir aujourd'hui qu'on dit qu'elles ont été un peu trop laxistes. Les banques, en France, sont toujours prudentes. Il y avait des règles, elles regardaient déjà le taux d'endettement, les revenus et les charges. Mais c'est vrai qu'elles pouvaient avoir des approches différentes en matière de reste à vivre [l'argent qui reste au foyer une fois la mensualité versée].

N'est-ce pas indispensable pour éviter le surendettement ?

Le taux de défaut sur les crédits immobiliers "purs" est de moins de 1 % en France. Ces crédits sont accordés de manière très prudente. On a pas de crédit de ce type quand on est en CDD, intérimaire ou quand on n'a pas trois ans de bilan. S'il y a du surendettement, il est lié à la multiplication des crédits à la consommation contractés en plus du prêt immobilier. Leurs conditions d'attribution sont plus souples.

Quelles conséquences sur les candidats à l'accession à la propriété ?

Malheureusement, ce ne seront pas les plus aisés et ceux qui ont le plus d'épargne qui vont être bloqués. Ce seront les plus jeunes qui n'ont pas d'apport et très peu d'épargne. Les petits investisseurs locatifs peuvent être aussi touchés. Je parle de personnes qui ont un crédit immobilier sur leur résidence principale et qui voulaient éventuellement acheter un studio pour financer leur retraite ou bien loger un de leurs enfants en études. Ces personnes se verront refuser un nouveau crédit immobilier. Ce changement est aussi inégalitaire parce que les plus jeunes et ceux qui ont des problèmes de santé vont payer très cher l'assurance emprunteur, désormais obligatoirement incluse dans la mensualité totale à rembourser. Si vous êtes en bonne santé et riche, ça ira très bien. Si vous êtes plus vieux et avec un problème de santé, ce sera plus compliqué.

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