Loi énergie et climat : il manque "un geste symbolique fort" sur les "passoires thermiques"

Danyel Dubreuil, coordinateur de l'initiative "Rénovons !" et membre du CLER - Réseau pour la transition énergétique, qualifie le projet de loi de "grand progrès" mais regrette son manque d'ambition.

Immeuble de logements sociaux de la Ville de Paris. Photo prise le 20 janvier 2016
Immeuble de logements sociaux de la Ville de Paris. Photo prise le 20 janvier 2016 (SYLVAIN TRONCHET / RADIO FRANCE)
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L'examen du projet de loi énergie et climat commence mardi 25 juin à l'Assemblée nationale. Il est prévu qu'en cas de vente d'un de ces logements, une part du montant de la vente, qui ne pourra pas dépasser 5%, sera consignée pour financer des travaux de rénovation énergétique.

Ce projet de loi est certes "un grand pas, c'est très intéressant qu'il y ait ce niveau de débat sur la rénovation énergétique. Ce n'est jamais arrivé avant, c'est un grand progrès", a jugé Danyel Dubreuil mais pour lui cela ne va pas assez loin. Le gouvernement a refusé la proposition d'interdire la location de ces logements pour 2025 couplée à l'avance du coût des travaux pour les propriétaires s'ils ne peuvent pas les engager. "On regrette qu'il n'y ait pas de geste symbolique fort", reprend le coordinateur de l'initiative "Rénovons !" et membre du CLER - Réseau pour la transition énergétique, alors que "7,5 millions de logements sont considérés comme des passoires énergétiques", "c'est un tiers des logements privés en France".

Le risque d'un texte "inopérant et contre-productif"

Anthony Cellier, député LREM du Gard et rapporteur du projet de loi, dénonce lui aussi les restrictions introduites dans le texte de l'amendement qui vise à favoriser la rénovation de ces "passoires" thermiques.

Cet amendement, voté en commission, vise à consigner jusqu'à 5% de la vente d'un bien mal isolé. Cet argent servirait à réaliser les travaux de rénovation dans des logements classés F ou G après un diagnostic de performance énergétique. Cette somme, consignée, serait ensuite versée au nouveau propriétaire ou à une entreprise chargée de réaliser les travaux de rénovation.
Les restrictions à cet amendement risquent de rendre le texte "inopérant et contre-productif", se désole Anthony Cellier.