Vidéo Mal-logement à Marseille : 22 m2 sans chauffage ni eau chaude pour 450 € par mois… en liquide

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Envoyé spécial. Mal-logement à Marseille :  22m2 sans chauffage ni eau chaude pour 450 € par mois en liquide
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France Télévisions

Deux ans et demi après le drame de la rue d'Aubagne, "Envoyé spécial" diffuse le 17 juin 2021 une enquête dans les taudis du centre-ville marseillais. Dans le studio où elle habite depuis deux ans, Karima n'a ni chauffage ni eau chaude. Son propriétaire, qui exige le paiement du loyer en liquide, aurait aussi été son employeur... au noir. 

A la fin de l'année 2018, l'effondrement de deux immeubles de la rue d’Aubagne, en plein cœur de Marseille, faisait huit morts et provoquait une crise politique. Depuis, plus de 500 immeubles ont fait l'objet d'un arrêté de péril, et 5 000 personnes ont été évacuées et relogées, le plus souvent dans des hôtels… Aujourd'hui, comme le montre une enquête d'"Envoyé spécial" à voir le 17 juin 2021, les taudis sont encore nombreux dans le centre de la deuxième ville de France. Par manque de moyens ou par négligence, beaucoup de propriétaires ne font pas les travaux nécessaires.

Une équipe du magazine a suivi Abdallah, qui multiplie les démarches pour quitter le rez-de-chaussée insalubre où il élève ses fillettes. Dans le centre-ville, certains habitants se trouvent dans une situation encore plus fragile. C'est le cas de Karima, qui n'a pas de titre de séjour. Dans le studio où elle habite depuis deux ans, elle n'a ni chauffage ni eau chaude. Pour ces 22 mètres carrés, elle paie chaque mois 450 euros... en liquide. 

Sans défense face à un "gros bras"... envoyé par le propriétaire ?

Avec l'aide de l'association Marseille en colère, née après le drame de la rue d'Aubagne, Karima a décidé de se battre pour ses droits, face à un propriétaire qui l'aurait aussi employée au noir pendant dix ans. Elle affirme avoir géré pour lui une dizaine de locations saisonnières dans le centre de Marseille, où elle était chargée du ménage et de l'accueil des touristes. 

Le jour où Karima a osé se plaindre, raconte-t-elle, le propriétaire aurait exigé qu'elle quitte son logement. Elle aurait aussi perdu ce travail non déclaré. A 58 ans, sans revenus, en situation irrégulière, elle était sans défense quand, en juillet 2019, on a frappé à sa porte. Selon elle, il s'agissait d'un "gros bras" envoyé par son propriétaire pour l'intimider. Depuis, elle vit dans la peur. Sur les conseils de ses avocats, elle ne paye plus son loyer, et elle a déposé trois plaintes contre son propriétaire : une pour harcèlement, une aux prud'hommes, et une pour son logement indigne.

Extrait de "A Marseille, dans les taudis du centre-ville", une enquête à voir dans "Envoyé spécial" le 17 juin 2021.

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