Strasbourg attaque l'État pour sa "défaillance" à héberger les personnes à la rue : "La défaillance n'est pas du côté de l'Etat", répond le ministre Olivier Klein

Le ministre pointe "les défaillances" de la maire de Strasbourg à qui revenait "la responsabilité de faire évacuer" un campement de migrants dans la ville.

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Olivier Klein, ministre délégué chargé de la Ville et du Logement, était mardi 29 novembre l'invité du 8h30 franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Je ne sais pas où est la défaillance mais elle n'est pas du côté de l'État", a réagi sur franceinfo lundi 5 décembre Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement. Strasbourg va attaquer l'État en justice pour sa "défaillance" à mettre à l'abri les personnes à la rue, a annoncé ce lundi la maire écologiste Jeanne Barseghian. L'élue a pris cette décision après que la justice a ordonné l'évacuation d'un campement de migrants dans sa ville.

Elle lance un appel national aux "élus" et "associations" qui le souhaitent à rallier son action. "C'est la maire qui a été condamnée récemment par le tribunal administratif pour une grave atteinte à la dignité humaine", a rappelé Olivier Klein. Il fait allusion à l'injonction du juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg qui a ordonné à l'édile de faire évacuer ce camp, estimant que "la carence de la maire de Strasbourg porte une atteinte grave à la dignité humaine."

La spécificité du droit alsacien

"L'État est présent à Strasbourg comme ailleurs. C'était la responsabilité [de la mairie] de faire évacuer ce camp. On est dans un droit particulier, celui d'Alsace-Moselle. Si on était dans un autre département, l'État se serait substitué mais là ce n'est pas possible", se défend Olivier Klein. Le droit alsacien-mosellan est un régime juridique qui conserve des dispositions mises en place par les autorités allemandes entre 1871 et 1918 et les dispositions françaises antérieures à 1871, qui ont été transformées ou supprimées pour le reste de la France. Ce droit local concerne notamment la réglementation professionnelle, la législation en matière de remboursement des dépenses de santé, l’aide sociale aux plus démunis, l’organisation de la justice et des tribunaux.

Les 60 et quelque familles qui sont présentes ce soir seront toutes mises à l'abri au moment de l'évacuation de ce camp."

Olivier Klein

franceinfo

Le gouvernement demande à la maire de Strasbourg "de faire évacuer ce camp et depuis le début fait des propositions aux personnes qui sont malheureusement dans cette situation dramatique", a expliqué Olivier Klein. "On a un turn-over sur ce camp, des familles ont été mises plusieurs fois à l'abri, mais on ne peut pas continuer à le laisser vivre tel qu'il est." 

Olivier Klein a assuré que "la question de l'hébergement d'urgence, des plus fragiles, est au cœur de ses préoccupations" et qu'il prend "ses responsabilités." Il ajoute : "La maire ne peut pas se défausser de ses propres défaillances en ne prenant pas ses responsabilités en faisant évacuer ce camp." Selon lui, les mises à l'abri qui ont déjà eu lieu ne règlent pas le problème. "Le camp se reforme sur lui-même depuis des mois et des mois."

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