Hausse du cours de l'or : "On peut parler de fièvre" chez les investisseurs

Depuis plusieurs mois, le cours de l'or s'envole. Le métal jaune retrouve son rôle de valeur refuge, particulièrement appréciée des Français, constate Laurent Schwartz, courtier et président du comptoir national de l'or.

Des lingots d\'or, en novembre 2010, à Paris.
Des lingots d'or, en novembre 2010, à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Il y a une recrudescence d'activités dans nos magasins", affirme Laurent Schwartz, courtier et président du comptoir national de l'or. Il reçoit les investisseurs dans un immeuble cossu proche de l'Arc de Triomphe, et dispose également de deux officines à Paris. "Nous voyons davantage d'investisseurs qui se disent que c'est le moment de se positionner sur un marché en pleine effervescence", ajoute-t-il. En raison de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, la chute des taux d'intérêts, la nervosité des marchés actions, l'or a de nouveau tout pour plaire. Aujourd'hui, son cours s'envole. 

Propulsé par la demande internationale, l'or a franchi la barre des 1 500 dollars l'once. Boudé par les investisseurs dans les années 1990, il est revenu en grâce au moment de la crise de 2008, comme toujours, quand l'économie se met à trembler. "Il y a un phénomène d'érosion monétaire, subi pour les monnaies, mais pas pour l'or", analyse le courtier parisien, pour qui "l'or conserve un rôle de réserve de valeur".   

Une épargne "plus sécurisée" pour les investisseurs

"Cela fait quelques semaines qu'on atteint des niveaux records en euro, on peut parler de fièvre, explique Laurent Schwartz, nous avons de nouvelles clientèles qu'on ne voyait pas il y a encore plus de six mois, qui s'intéressent à l'or parce qu'il présente une garantie pour leur épargne." Ces nouveaux investisseurs considèrent que "cette épargne est plus en sécurité sur de l'or, qu'à la banque sur des actions, des obligations ou tout autre support d'investissement".

Malgré la fiscalité qui s'est alourdie l'an dernier, le métal jaune reste un placement mythique pour les Français. Selon les spécialistes du secteur, 3 000 tonnes dorment dans les bas de laine.