Hausse des prix de l'énergie : "La solution de long terme, c'est la transition écologique", assure une eurodéputée écologiste

Marie Toussaint appelle l'Union européenne à investir massivement dans les énergies renouvelables, elle regrette sur franceinfo que l'UE "mise encore et toujours sur le gaz comme une énergie du futur".

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Radio France
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Avec la reprise économique, la production mondiale de gaz ne suit pas et les prix augmentent. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Alors que l'Union européenne a proposé mercredi 13 octobre toute une série de mesures pour ses États membres qui souhaitent enrayer la hausse des prix de l'énergie, l'eurodéputée écologiste Marie Toussaint l'affirme sur franceinfo : "La solution de long terme, c'est la transition écologique." En parallèle, elle dénonce que l'Union européenne "discute encore en ce moment de l'argent qu'elle peut continuer à donner pour des infrastructures gazières, de production et d'importation dans l'Union européenne". "C'est autant d'argent qu'il faudrait investir dans la transition écologique" pour "rendre la vie de l'ensemble des Européens moins chère" et pour "préserver le climat".

franceinfo : L'Europe a-t-elle donné des clés pour essayer d'amortir les prix de l'énergie ?

Marie Toussaint : La Commission a formulé des propositions. Elle a rappelé les règles qui existent déjà et dont les États peuvent se saisir d'urgence pour répondre à la crise sociale qui est liée à la hausse actuelle des prix de l'énergie. On a aujourd'hui une absolue nécessité d'accompagner celles et ceux qui prennent de plein fouet cette hausse des prix du gaz, qui a augmenté sur les marchés de gros de 170% depuis janvier. On a besoin de les aider à court terme. Mais les solutions de long terme, elles, sont déjà connues. C'est la transition écologique, c'est l'efficacité énergétique, ce sont les énergies renouvelables, et le fait de sortir de la dépendance aux énergies fossiles. C'est là que le bât blesse parce que, si la commission prétend faire des efforts pour sortir du gaz, l'Union européenne mise malheureusement encore et toujours sur le gaz comme une énergie du futur.

L'Europe invite les États à puiser plus de 10 milliards d'euros dans le surplus du marché européen de carbone. Est-ce une bonne solution pour limiter l'impact pour les ménages les plus en difficulté ?

Dans ces périodes de crise, il faut prendre l'argent là où il est, donc pourquoi pas. Mais il faut quand même se souvenir qu'on distribue sur ce marché encore de très nombreux permis à polluer gratuits. Un certain nombre d'entreprises ne payent pas leurs autorisations de polluer sur ce marché, donc ça, il faut aussi y mettre fin. Mais encore une fois, l'Union européenne, à travers différents fonds et encore en ce moment, discute de comment est ce qu'on peut continuer à donner de l'argent au gaz à la fois pour des infrastructures gazières, mais aussi pour accompagner des projets de production et d'importation de gaz dans l'Union européenne. C'est absolument dramatique. C'est autant d'argent qu'il faudrait investir dans la transition écologique parce qu'investir dans l'efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables, c'est rendre la vie de l'ensemble des Européennes et des Européens moins chère. C'est aussi préserver le climat.

Est ce qu'il faut, selon vous, baisser la TVA, même si ce n'est pas la solution privilégiée par l'Europe ?

On peut mettre en place des processus de blocage des prix, s'ils sont temporaires, pour tout ce qui concerne les énergies fossiles. Bouger la TVA sur l'électricité issue des énergies renouvelables, c'est tout à fait intéressant et c'est tout à fait la direction dans laquelle il faut qu'on aille. Il y a des choses qui bougent. On a entendu la Commission européenne ce matin annoncer qu'elle allait tenter de mobiliser les partenaires internationaux pour sortir de l'exploitation de gaz, de pétrole et de charbon en Arctique. L'Arctique, c'est un pôle extrêmement fragile de biodiversité et c'est à la fois protéger la biodiversité et protéger le climat que de cesser d'exploiter les énergies fossiles. Il faut espérer que d'autres prennent la suite de la Commission, notamment la France avec Total, dont on attend qu'ils se bougent pour sortir de cette exploitation. Concernant la France, on aura très prochainement décision définitive du tribunal administratif dans l'affaire du siècle et la France a été condamnée pour ne pas tenir ses objectifs climatiques, notamment en matière d'énergies renouvelables où elle a pris un retard conséquent.

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