Pourquoi les tarifs des VTC sont-ils (beaucoup) plus élevés en ce jour de grève RATP ?

Alors que le trafic sur le réseau de métro parisien est, vendredi, quasi intégralement paralysé, de nombreux usagers se replient sur les VTC, dont les tarifs flambent. Explications. 

Face aux longues files d\'attente pour tenter d\'avoir un bus à Paris le 13 septembre 2019, de nombreux usagers ont tenté de se rabattre sur des trajets en VTC.
Face aux longues files d'attente pour tenter d'avoir un bus à Paris le 13 septembre 2019, de nombreux usagers ont tenté de se rabattre sur des trajets en VTC. (MATHIAS ZWICK / HANS LUCAS)

C'est une des conséquences de la grève à la RATP : la ruée sur les taxis et surtout les VTC. Sur les réseaux sociaux se succèdent des captures d'écran de réservations de véhicules avec chauffeurs indiquant des tarifs beaucoup plus élevés que d'ordinaire. Un exemple: un trajet en VTC du nord à l'ouest de Paris. Le tarif habituel est d'une vingtaine d'euros. Le tarif dans la matinée du vendredi 13 septembre variait entre 42 et 55 euros selon les plateformes et les horaires. Pour quelles raisons ? Explications.

Parce que la demande est bien supérieure à l'offre

Les plateformes Kapten comme Uber avancent la même explication : la majoration se met en place automatiquement lorsque la demande est plus importante que l'offre. Des algorithmes vont automatiquement faire augmenter les prix en proportion du décalage entre l'offre et la demande. Or, ce décalage était particulièrement aigu aujourd'hui. "La majoration, explique la société Kapten, permet d’attirer nos chauffeurs partenaires dans le secteur et de garantir un temps d’attente raisonnable pour nos utilisateurs". Chez Uber, on appelle cela la "tarification dynamique". Elle est calculée à partir d'un prix de base qui dépend de la durée du trajet et de la course. 

Selon les villes et selon les plateformes, les coefficients de majoration appliqués aux courses apparaissent - ou non - de manière détaillée au moment où on passe commande. A Paris, précise Uber, le prix final est calculé automatiquement au moment de la commande et inclut toute augmentation de tarif applicable au moment où vous commandez. Chez Kapten, le client est censé être informé, dans tous les cas, de ce coefficient au moment de la réservation

Parce que les chauffeurs sont en nombre insuffisant

La société Kapten indique avoir anticipé la demande attendue en ce 13 septembre et avoir contacté ses 25 000 chauffeurs partenaires. Elle précise aussi que les chauffeurs sont rémunérés en fonction des majorations en cours. Cela ne garantit pas pour autant un nombre de chauffeurs suffisant.

Les chauffeurs, qui travaillent parfois pour plusieurs plateformes, sont en effet libres d'accepter ou non les courses. Dans un contexte de conditions de circulation très compliquées, certains ont également pu choisir de travailler hors période de pointe qui était la période de plus forte demande. Et d'éviter les embouteillages. 

La société Kapten met par ailleurs en avant le manque de chauffeurs partenaires en Île-de-France depuis que les conditions d'accès à la profession ont été durcies

Parce que le prix peut s'envoler entre le moment de la réservation et la course

Au moment de la commande, le prix est garanti mais en cas de réservation à l'avance sur la plateforme Uber, le client est prévenu que le montant estimé peut être différent du prix final. Les conditions générales d'utilisation d'Uber précisent bien que "vous reconnaissez et acceptez notamment que les tarifs applicables lors de la commande dans certaines zones géographiques puissent augmenter substantiellement en période de forte demande".

Chez Kapten, on propose de vous facturer à la réservation une "garantie zéro majoration" dont le montant varie en fonction de l'heure et de la course prévues, ainsi que de votre fréquence d'utilisation de la plateforme. Le prix est alors garanti. En cas de forte demande facile à anticiper - ce qui était le cas en ce 13 septembre - il peut alors être intéressant de réserver à l'avance.