"On est tendus, on s'énerve à la moindre réflexion" : les services de psychiatrie en pointe contre la politique sociale du gouvernement

Lycéens, salariés, étudiants et retraités sont appelés à se mobiliser mardi contre "la destruction du modèle social" du gouvernement. Davantage de moyens sont notamment réclamés dans les établissements publics de santé mentale, comme à Châlons-en-Champagne.

La première mobilisation syndicale de la rentrée contre la politique sociale d\'Emmanuel Macron est organisée mardi 9 octobre (illustration). 
La première mobilisation syndicale de la rentrée contre la politique sociale d'Emmanuel Macron est organisée mardi 9 octobre (illustration).  (LUC NOBOUT / MAXPPP)

"On est à bout", confie à France Bleu Champagne-ArdenneNathalie, préparatrice en pharmacie à l’établissement public de santé mentale de la Marne. Comme dans de nombreux départements, la psychiatrie se situe en première ligne dans les critiques des syndicats mobilisés mardi 9 octobre contre la politique sociale du gouvernement. 

Mobilisation syndicale : dans la Marne, la psychiatrie sur un fil - un reportage d'Alexandre Berthaud
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Faute de personnel suffisant, Nathalie confie que "le stress" a augmenté. "On est tendus tout le temps, à la moindre réflexion, la moindre petite chose, on s’énerve", souffle-t-elle. Aucune catégorie d'employés ne semble épargnée dans cet établissement de Châlons-en Champagne. Techniciens, personnel administratif, soignants, autant de salariés que Gilles Ferlet, élu CGT, voit défiler dans son bureau. Leur charge de travail augmente, ils se retrouvent à presque négliger le patient. "La prise en charge est, entre guillemets, bâcléeCela les fruste profondément, explique-t-il. Des collègues nous disent ‘on ne fait plus notre métier‘. Selon le représentant de la CGT, des employés ont l'impression "de faire du 'gardiennage'Ce qui n’est pas la vocation de la psychiatrie." 

Dans cet établissement, seulement trois absences longues sur quatre sont remplacées. Il manque 40 personnes, selon le directeur Xavier Dousseau : "On aurait ces postes, cela ferait du bien. C’est par comparaison avec ce que peuvent avoir des établissements de la région de taille comparable." Le directeur, qui reste neutre quant à la politique gouvernementale, avance des difficultés pour recruter, mais il laisse entendre qu’une rallonge budgétaire serait la bienvenue.