Pour Air France, la grève des pilotes va mettre l'entreprise en péril

Le premier syndicat de pilotes appelle les professionnels à débrayer quelques heures par jour, du 3 au 30 mai.

Un pilote porte un t-shirt avec l\'inscription \"commandant de bord épuisé\", lors d\'une manifestation de personnels navigants, à l\'aéroport de Roissy, près de Paris, le 22 janvier 2013.
Un pilote porte un t-shirt avec l'inscription "commandant de bord épuisé", lors d'une manifestation de personnels navigants, à l'aéroport de Roissy, près de Paris, le 22 janvier 2013. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Il est encore trop tôt pour en évaluer les conséquences. Mais Air France estime d'ores et déjà que la grève des pilotes de ligne, qui doit s'étaler du 3 au 30 mai, risque de mettre en péril le redressement de la compagnie. Ce mouvement social "intervient à un moment crucial du redressement d'Air France", qui escompte un résultat positif cette année après six années de pertes, souligne la direction dans un communiqué.

"On est disposés à assurer tous les vols, mais il y aura de gros retards", reconnaît Yves Deshayes, président du SNPL, le premier syndicat de pilotes, qui appelle à la grève

Les pilotes réclament l'abrogation de la loi Diard, qui impose que les grévistes se déclarent individuellement, 48 heures avant le début d'un conflit. Cette disposition doit permettre aux compagnies d'informer les passagers sur les perturbations à prévoir. Pour le SNPL, elle permet surtout le remplacement des grévistes par des pilotes venus d'autres pays d'Europe, ce qui porte atteinte au droit de grève. Ainsi, le dernier conflit chez Easyjet, avec 85% de grévistes, ne s'est traduit par aucune annulation de vol ni aucun retard.

"Des pilotes sont payés au smic"

Le SNPL demande également la mise en place d'un groupe de travail visant à abaisser le taux des taxes qui pèsent sur le transport aérien. "Nos entreprises sont en train de mourir petit à petit au profit des compagnies étrangères et ce sont nos emplois qui s'en vont", affirme Yves Deshayes. Il cite la taxe Chirac, qui permet de financer l'achat de médicaments pour les pays en développement.

Le syndicat réclame aussi l'ouverture de négociations en vue de la création d'une convention collective, une vieille revendication des pilotes. Actuellement, les salaires, par exemple, sont régis uniquement par des accords d'entreprise. "On voit arriver aujourd'hui des compagnies où les pilotes sont payés au smic", selon le président du SNPL. Le syndicat demande enfin la facilitation des contrôles de sécurité pour les personnels navigants, un point sur lequel les négociations ont presque abouti.