Grève du 5 décembre : comment le gouvernement, la RATP et la SNCF tentent de maintenir une partie des transports en Ile-de-France

A l'approche de ce mouvement de grève qui devrait être très suivi dans les transports, l'exécutif a commencé à présenter les premiers axes de son plan pour maintenir une partie des services pour la capitale et la petite couronne.

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Une rame de métro sur la ligne 2 à Paris, le 26 novembre 2019. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

"Le gouvernement mettra tout en œuvre pour accompagner au mieux les Français". C'est la promesse faite vendredi 29 novembre par le Premier ministre, Edouard Philippe, en prévision de la mobilisation contre le projet de réforme des retraites à partir du jeudi 5 décembre. Le gouvernement fait notamment face à un important défi : assurer un maintien des transports à Paris et en Ile-de-France. A l'approche de cette grève qui s'annonce massivement suivie, l'exécutif a commencé à présenter les premiers axes de son plan, alors que la SNCF et la RATP s'organisent pour maintenir une partie de leurs services.

Pas de service minimum garanti

Contrairement aux idées reçues, la loi de 2007 ne garantit pas un service minimum dans les transports. Elle n'interdit pas de se déclarer gréviste et ne prévoit pas non plus de réquisition du personnel (comme dans les hôpitaux, par exemple). Si l'appel à cesser le travail est très suivi au sein de la SNCF et de la RATP, rien ne garantit donc une circulation, même minimale, des trains, des RER, des métros et des bus. L'obligation consiste seulement à assurer le service de transports annoncé 24 heures avant le début du mouvement social.

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, suivant une proposition de la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (ex-LR), avait tenté d'instaurer un débat sur le service minimum parmi les parlementaires. Il est allé jusqu'à imaginer qu'on puisse faire voter, d'ici au 5 décembre, une proposition de loi visant à la "réquisition des personnes grévistes" afin de "garantir un tiers du trafic quotidien aux heures de pointe". La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a balayé cette idée, indiquant qu'on ne pouvait pas "inventer des règles pour le 5 décembre". "Il y a des règles sur le service minimum. Qu'on les applique. Pas plus, pas moins", avait-elle estimé.

Les cadres de réserve mobilisés

La RATP et la SNCF ont prévu de faire appel à leurs cadres de réserve. Il s'agit d'anciens conducteurs qui ne roulent plus que quelques fois dans l'année. Si les deux groupes refusent de donner leur nombre exact, BFMTV indiquait vendredi que la RATP avait formé une cinquantaine de cadres à la conduite de RER. Une information démentie par le réseau de transport parisien auprès de franceinfo. La RATP "refuse de commenter ce chiffre", précisant toutefois qu'"il est erroné". "C'est un dispositif qui existe depuis plus de dix ans, il est connu, il n'y a pas de nouveauté", répond l'entreprise, sans plus de précisions.

Selon nos informations, les transports seront particulièrement perturbés le week-end des 7 et 8 décembre, où le trafic pourrait être quasi nul. En revanche, une forte mobilisation des cadres de réserve est prévue le lundi 9 décembre, journée considérée comme la plus compliquée pour la RATP et la SNCF puisque ce sera la reprise du travail pour de nombreux Franciliens. Ces renforts supplémentaires ne suffiront évidemment pas à assurer un trafic régulier en cas de grève massive, admet-on à demi-mot du côté des deux entreprises.

Au moins deux lignes de métro maintenues

Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d'Etat aux Transports, a détaillé les mesures retenues par le gouvernement pour face à ce mouvement de grève. Parmi celles-ci, le maintien en activité des lignes automatiques du métro parisien, les lignes 1 et 14. Par ailleurs, les lignes 4 et 7 devraient également circuler, pour assurer un axe nord/sud, mais uniquement aux heures de pointe.

Des bus devraient également assurer la liaison entre Paris et la banlieue. Pour l'instant, la RATP refuse de commenter les informations données par le gouvernement et ne le fera que 48 heures à l'avance (moment où les grévistes doivent se déclarer auprès de leur direction), soit mardi prochain.

Les VTC appelés à la rescousse

Le gouvernement a également fait savoir que des discussions étaient en cours avec les plateformes de VTC. Objectif : qu'elles renoncent à augmenter leurs tarifs lors de cette grève, lorsque la demande sera très forte. 

La région Ile-de-France a prévu, pour sa part, de rembourser le covoiturage. "J'appelle solennellement les Franciliens à ouvrir leurs portières et à s'inscrire sur les plateformes de covoiturage", a lancé la présidente de la région, Valérie Pécresse, sur France 3. Les plateformes BlaBlaLines, Covoit'ici, Karos, Klaxit et OuiHop' seront concernées, selon le JDD. Les conducteurs seront rémunérés jusqu'à 3 euros par trajet.

La région veut aussi promouvoir son service de location de vélos électriques longue durée, Véligo, dont l'abonnement sera "gratuit pendant tout le mois de décembre". Avec cette offre, l'abonnement à l'année (au tarif plein) reviendra à 33 euros par mois au lieu de 40 euros.

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