"Ce mouvement lutte contre un projet injuste et inéquitable" : un économiste explique pourquoi il appelle à soutenir financièrement les grévistes

"Les grévistes qui sont à la RATP, la SNCF... se battent pour l'ensemble de la population", affirme Pierre Khalfa qui juge la mobilisation "légitime" contre un projet qui remet "en cause les droits fondamentaux des salariés".

L\'économiste Pierre Khalfa lors d\'assises citoyennes à Montreuil, le 16 juin 2013.
L'économiste Pierre Khalfa lors d'assises citoyennes à Montreuil, le 16 juin 2013. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / MAXPPP)

"Le gouvernement joue sur le pourrissement de la grève", a déploré l'économiste Pierre Khalfa samedi 28 décembre sur franceinfo alors que de nouvelles manifestations sont prévues dans la journée pour la 24e journée de protestation contre la réforme des retraites. Ancien coprésident de la Fondation Copernic, membre du Conseil scientifique d'Attac, Pierre Khalfa fait partie de la quarantaine d’écrivains, de comédiens et d’universitaires qui ont apporté leur soutien aux grévistes via des caisses de grève. "Ce mouvement lutte contre un projet injuste et inéquitable", a-t-il expliqué. "Il y a une façon simple de sortir par le haut, c'est de donner la parole au peuple", a ajouté l'économiste.

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franceinfo : Pourquoi soutenez-vous les grévistes ?

Pierre Khalfa : Parce que ce mouvement est légitime. Il lutte contre un projet injuste et inéquitable. Il vise à faire travailler les gens plus longtemps et, de fait, à avoir une pension moins élevée qu'aujourd'hui. Les grévistes qui sont à la RATP ou à la SNCF se battent pour l'ensemble de la population de ce pays, pas seulement pour se défendre eux-mêmes mais pour défendre l'ensemble des salariés du pays.

Que demandez-vous ? 

Nous demandons l'amélioration de ce système. Il a déjà été détérioré par les mesures prises par les gouvernements antérieurs et notamment les réformes de 2003 et de 2010 ainsi que par les mesures du gouvernement Hollande. Ce projet de réforme des retraites vise à aggraver la situation actuelle en remettant en cause les droits fondamentaux des salariés. Dans le régime général de la sécurité sociale, les pensions sont calculées sur les meilleures années, soit les six derniers mois pour les fonctionnaires, par exemple. Avec le nouveau système par points, la pension sera calculée sur l'ensemble des années. Évidemment, de façon automatique, le niveau des pensions va baisser, c'est inacceptable.

Vous déplorez la méthode ?

Il y a aujourd'hui une volonté de passer en force. Ce qui est scandaleux, c'est que le gouvernement joue sur le pourrissement de la grève. Pourquoi attendre le 7 janvier pour reprendre les négociations avec les organisations syndicales ?

Le gouvernement a choisi l'épreuve de force, il faut amplifier la mobilisation pour empêcher le passage en force de ce projet.Pierre Khalfa, économisteà franceinfo

Si le gouvernement voulait une trêve, il fallait dire : on arrête tout, on se met autour d'une table et on discute. Il y a une façon simple de sortir par le haut, c'est de donner la parole au peuple et que le gouvernement organise un référendum sur son projet de loi.