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Réforme de la SNCF: Elisabeth Borne présentera vendredi le bilan de la concertation, la "seule voie possible"

La ministre des Transports a affirmé mardi sur franceinfo qu'il s'agissait d'"une réforme globale, qui passe notamment par un investissement massif pour moderniser le réseau".

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Radio France
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Elisabeth Borne, la ministre des Transports, le 21 mars 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a confirmé mardi 27 mars sur franceinfo qu'elle présenterait vendredi le bilan de la concertation menée avec les syndicats, élus et associations de d'usagers sur sa réforme de la SNCF. La ministre a réfuté la critique faite par l'ensemble des organisations syndicales, qui assurent qu'il n'y a rien à négocier.

franceinfo : Qu'est-ce qui pourrait encore empêcher la grève à la SNCF, à partir de la semaine prochaine?

Elisabeth Borne : La seule voie possible, dans l'intérêt du service public, de la SNCF et des cheminots, c'est la concertation. Ça fait quasiment un mois que j'ai engagé ces concertations avec les organisations syndicales, avec les élus, avec les associations d'usagers. Dès vendredi, je présenterai le bilan de ces concertations. On a avancé sur des sujets concrets sur l'ouverture à la concurrence et je me propose d'introduire ces dispositions par amendement, dans la loi, à la place des ordonnances.

La totalité des syndicats ont dénoncé le fait que cette concertation n'était qu'une simple explication de texte, avec quasiment rien à négocier. Que leur répondez-vous ?

Si la négociation c'est dire : "On ne croit pas à l'ouverture à la concurrence", en effet il y a une difficulté. L'ouverture à la concurrence a été décidée dans le précédent quinquennat et elle est demandée par les régions. S'il s'agit de répondre aux questions précises que se posent les cheminots sur ce que cela veut dire pour eux – comment on va désigner des salariés, quelle est la part du volontariat, quelles garanties ils vont avoir si la SNCF perd un contrat –, alors il y a beaucoup de sujets à discuter. Et c'est bien ce qu'on pourra voir vendredi quand je présenterai les dispositions qui seront introduites par amendement dans la loi.

Mais par exemple, le statut des cheminots sera-t-il sur la table, lors de cette concertation ?

C'est une réforme globale, qui passe notamment par un investissement massif pour moderniser le réseau qui souffre de décennies de sous-investissement, c'est l'ouverture à la concurrence qui a été décidée dans le précédent quinquennat, qui est attendue par les régions. Et c'est effectivement la modernisation sociale du secteur. Je rappelle que tous les cheminots qui sont aujourd'hui à la SNCF garderont le statut. Mais c'est un principe d'équité de poser la question des conditions de recrutement des futurs cheminots, qu'ils entrent à la SNCF ou dans les autres entreprises qui seront présentes en France avec l'ouverture à la concurrence, et des protections que tous ces salariés pourront avoir dans une convention collective.

Mais le statut du cheminot est-il sur la table ou pas ?

Le principe d'équité est qu'à l'avenir, tous les salariés qui voudront travailler dans le transport ferroviaire soient protégés par une convention collective. Ce principe a été dit. Maintenant, discutons du contenu de la prochaine convention collective.

La participation des cheminots à la grève du 22 mars a été forte, cela donne un indice sur leur volonté d'aller jusqu'au bout. Est-ce que cette grève peut vous faire reculer ?

Je ne suis pas dans le rapport de forces. Il y a des réformes qui sont nécessaires, il y a beaucoup de sujets qui étaient sous le tapis, qu'on met sur la table. Je comprends que cela peut susciter des questions voire des inquiétudes. Je le redis aux syndicats, notre responsabilité commune est d'apporter des réponses aux questions que se posent les cheminots. Les syndicats étaient reçus au ministère lundi, nous nous voyons régulièrement et nous parlons de ces sujets qui sont importants.

Gardez-vous l'espoir que la grève n'ait pas lieu ?

L'intérêt de la SNCF et des cheminots est qu'on avance dans la concertation, de ne pas laisser croire qu'il n'y aura pas d'ouverture à la concurrence. Cette ouverture à la concurrence est attendue par les régions pour améliorer le service aux voyageurs. Il y a beaucoup de sujets à discuter et je suis convaincue qu'il faut continuer à avancer et à répondre aux questions que se posent les cheminots. On nous a reproché de procéder par ordonnances, je souhaite mettre ces dispositions dans la loi, par amendement.

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