"Nous sommes en grève illimitée et personne ne nous suit" : à la RATP, les grévistes tentent de remobiliser

Au 35e jour de grève contre la réforme des retraites et à la veille d'une nouvelle réunion de manifestations, la mobilisation à la RATP faiblit. Et même si les grévistes restent déterminés, certains se sentent un peu seuls.

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 4 janvier 2020.
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 4 janvier 2020. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Ils sont salariés à la RATP membres d'un collectif informel de grévistes, réunis pour lire un texte signé par plusieurs assemblées générales du métro parisien, mardi 7 janvier. "Nous sommes en grève depuis plus d'un mois maintenant contre le projet de réforme des retraites et nous irons jusqu'au retrait ", indique Luc Chatelain, conducteur sur la ligne 5 à Bobigny, depuis 10 ans.

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Tous veulent faire entendre leurs revendications avant qu'il ne soit trop tard. "Nous ne pouvons pas gagner seul", dit le texte, qui appelle les salariés d'autres secteurs d'activité à les rejoindre "pour faire plier Macron".

Nos moyens sont limités. La grève nous engage financièrement assez sévèrement. Nous avons nous aussi des factures à payer.Luc Chatelain, conducteur sur la ligne 5 du métro parisienà franceinfo

"Les temps sont durs et c'est long", poursuit Luc Chatelain. Pour toucher une aide des syndicats au titre des caisses de grève, les grévistes vont devoir justifier de leurs journées d'arrêt de travail, notamment avec les bulletins de salaire. Et à partir de la fin du mois de janvier ces fiches de paie vont être réduites aux quelques centaines d'euros légaux. Mais les factures, elles, n'attendront pas et beaucoup craignent de se retrouver étranglés.

"Si demain je peux être dans mon train, j'y vais !"

L'aspect financier n'est d'ailleurs pas le seul souci estime Sami Tendron, conducteur sur la ligne 7, place d'Italie : "Tous les matins nous sommes debout à 5 heures pour être sur les piquets de grève et faire entendre ce qu'on a à dire. C'est difficile pour tout le monde, on a des enfants, des femmes. C'est difficile à la maison mais également sur le terrain. Nous, on aimerait bien reprendre le boulot. Si demain je peux être dans mon train, j'y vais ! Malheureusement tant qu'il n'y aura pas d'avancées, on n'y sera pas."

Des difficultés que note également Kader Laireche, conducteur sur la ligne 7. Il s'estime peu soutenu par les grands syndicats : "Là haut, ils ne nous suivent pas. C'est bien gentil de se mobiliser une journée, mais ils ne partent pas en grève illimitée. C'est le gros problème. Nous sommes depuis bientôt un mois et demi en grève illimitée et personne ne nous suit." Malgré tout, comme les autres grévistes de la RATP; ce conducteur sera présent jeudi et samedi pour les prochaines journées d'action intersyndicales.