Urgences : le ministère de la Santé recense 195 services en grève et évoque de nouvelles mesures "dès la rentrée"

Ce nombre est proche des 220 services en grève comptabilisés par le collectif Inter-Urgences. 

Le service des urgences de La Timone à Marseille (Bouches-du-Rhône) en grève, le 14 août 2019.
Le service des urgences de La Timone à Marseille (Bouches-du-Rhône) en grève, le 14 août 2019. (MAXPPP)

Le ministère de la Santé dit avoir recensé 195 services d'accueil des urgences en grève, mercredi 14 août, un nombre proche des 220 revendiqués par le collectif Inter-Urgences à l'origine de ce mouvement social. Le décompte du ministère s'appuie sur "des remontées effectuées chaque semaine par les agences régionales de santé", a précisé la direction générale de l'offre de soins (DGOS).

Le ministère observe que "la mobilisation est très diverse et en déclin à certains endroits", notamment dans les Hôpitaux de Paris (AP-HP), où le taux de grévistes "se situe aujourd'hui autour de 10% à 15%" contre "30% au début de l'été". Les négociations localement ont par ailleurs débouché sur des "protocoles de sortie de grèves" dans 28 établissements, dont 7 à l'AP-HP, mais aussi à Caen, Rodez ou encore Neuilly-sur-Seine. Néanmoins "certains services restent en grève par solidarité alors même que les situations ont été réglées localement".

De nouvelles mesures annoncées à la rentrée

La DGOS assure que les premières annonces d'Agnès Buzyn mi-juin "se sont traduites dans les faits", qu'il s'agisse de la prime mensuelle de 100 euros net à partir du 1er juillet pour les personnels non médicaux, ou des 15 millions d'euros destinés à renforcer les effectifs durant l'été. "Les crédits mobilisés par les agences régionales vont même au-delà de (cette) enveloppe", certaines ayant puisé dans leurs propres fonds, comme le Grand-Est et les Pays-de-la-Loire qui ont doublé la mise.

"Les retours que nous avons eu des différents services d'urgence qui sont en grève, c'est qu'ils n'ont pas vu d'argent arriver", estimait pourtant sur franceinfo Christophe Le Tallec, vice-président du collectif Inter-Urgences et aide-soignant de nuit aux urgences du CHU de Nantes. Il n'y a pas eu de personnel embauché tout de suite". Ce dernier dénonce un chantage pour faire cesser la grève et promet que le mouvement ne s'arrêtera pas "avant une réponse précise du ministère".

La DGOS ajoute qu'Agnès Buzyn "annoncera dès la rentrée de nouvelles mesures issues des premières recommandations" du député (LREM) Thomas Mesnier et de Pierre Carli, chef du Samu de Paris, à qui elle a commandé un "rapport sur les structures d'urgence" pour la fin novembre.