Enquête sur le Samu de Mulhouse : "Les conditions de travail font que nous n'avons pas les moyens d'assurer la sécurité de la population"

Christophe Prudhomme, le porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, réagit à l'information judiciaire ouverte à la suite du décès mi-juin à Mulhouse d'une femme dont l'employeur avait appelé le Samu pour signaler des douleurs à la poitrine, sans qu'un véhicule ne soit dépêché.

Christophe Prudhomme (à gauche), dans les rues de Paris le 13 avril 2005, accompagné des urgentistes Patrick Pelloux (à droite) et Frédéric Pain (au centre).
Christophe Prudhomme (à gauche), dans les rues de Paris le 13 avril 2005, accompagné des urgentistes Patrick Pelloux (à droite) et Frédéric Pain (au centre). (PASCAL PAVANI / AFP)

"Les conditions de travail, aujourd'hui, font que nous n'avons pas les moyens d'assurer la sécurité de la population", explique Christophe Prudhomme, le porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, dimanche 29 septembre sur franceinfo. Il réagissait à l'information judiciaire ouverte à la suite du décès mi-juin à Mulhouse d'une femme dont l'employeur avait appelé le Samu pour signaler des douleurs à la poitrine, sans qu'un véhicule ne soit dépêché. Cette femme de 60 ans avait été retrouvée morte dans son lit par un voisin, dix jours après l'appel au Samu.

"Quand un système est sous tension le taux de dysfonctionnements augmente"

"C'est la chronique d'une mort annoncée, poursuit Christophe Prudhomme. Nous avons dénoncé le fait que le système était sous tension, quand un système est sous tension le taux de dysfonctionnements augmente et ça se traduit, malheureusement, par des morts."

Notre angoisse est toujours de passer à côté d'un cas potentiellement grave, c'est l'angoisse de l'erreur, alors on donne beaucoup de conseils. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas assez de moyens d'intervention.Christophe Prudhommeà franceinfo

"Aujourd'hui, un certain nombre de SMUR, les véhicules de réanimation, ferment par manque de médecin ou parce que les réorganisations sanitaires motivées par des critères financiers font que les moyens diminuent d'année en année", s'indigne le porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France. "C'est ce qu'on dénonce depuis plusieurs mois donc c'est une bonne chose qu'une enquête soit ouverte concernant cette affaire, ça fera peut-être progresser les choses."