Grève dans les centrales nucléaires : coupures de courant en vue?

Pour la huitième journée de mobilisation contre la loi Travail, ce jeudi, du personnel des centrales nucléaires rejoint le mouvement. Des débrayages annoncés par la CGT Energie devraient toucher seize sites selon le syndicat.

(La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire © MaxPPP)

Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération nationale mines-énergie CGT le dit clairement : le but de toute action est de "toucher l’économie, on coupe plutôt des sites industriels ou des centres commerciaux." La menace n'est donc pas que théorique mais personne ne semble réellement croire à un scénario catastrophe ni du côté des fournisseurs d'électricité, ni même des syndicats. La France ne sera pas privée de courant, plongée dans le noir.

Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération nationale mines-énergie CGT
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Déjà, une baisse de charges donc de production ne signifie pas, en effet, un arrêt complet des réacteurs nucléaires. Et puis, il y a une cinquantaine de lignes à haute tension transfrontalières qui permettent d'importer si besoin de l'électricité de pays voisins. Ça arrive régulièrement en cas de pic de consommation par exemple l'hiver. Aucune différence pour l'utilisateur mais ça coûte cher voire très cher à EDF.

Alors, si toutes les centrales françaises étaient touchées par un mouvement de grève illimité au même moment, évidemment, là, la situation pourrait sembler beaucoup plus inquiétante. Resterait cependant encore une arme aux pouvoirs publics, d'ailleurs plusieurs fois utilisée par le passé: la réquisition de personnels, pour faire tourner les centrales. Ça avait été le cas par exemple en 2004 lors de la dernière grande grève reconductible à EDF.

(centrales nucléaires en grève)