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General Motors ne vend plus Opel: surprise en UE

Le constructeur automobile américain General Motors a annoncé mardi qu'il allait conserver sa marque allemande Opel
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France Télévisions
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Le constructeur automobile américain General Motors a annoncé mardi qu'il allait conserver sa marque allemande OpelLe constructeur automobile américain General Motors a annoncé mardi qu'il allait conserver sa marque allemande Opel

GM a expliqué ce revirement par un environnement des affaires en Europe qui "s'est amélioré", une meilleure "santé financière" et "l'importance d'Opel/Vauxhall" pour sa stratégie internationale. Depuis des mois, GM négociait la cession d'Opel au canadien Magna.

La Maison Blanche s'est dite étrangère, mercredi, à ce coup de théâtre.

"Les décisions de GM sont prises par sa direction, elles ne sont prises par personne à la Maison Blanche", a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs. L'Etat américain détient plus de 60% du capital de GM mais assure régulièrement ne pas s'immiscer dans la gestion quotidienne de l'entreprise.

Les réactions s'enchaînent en Europe
En Allemagne, les réactions indignées ont fusé. Le gouvernement allemand a déclaré mercredi "regretter" la décision de GM de conserver Opel, et a réclamé un remboursement du crédit de 1,5 milliard d'euros accordé dans l'attente d'une vente au canadien Magna. Le ministre de l'Economie Rainer Brüder a fustigé une décision "inacceptable", déclarant attendre "que General Motors présente le plus vite possible ses plans de restructuration" d'Opel, qui compte quatre usines en Allemagne. "Je me fais beaucoup de souci pour l'avenir de l'entreprise et de ses salariés", a déclaré pour sa part Roland Koch, le chef du gouvernement régional de Hesse, exigeant un remboursement des aides publiques versées d'ici au 30 novembre.

Les syndicats allemands d'Opel ont annoncé mercredi des "actions de protestation" sur tous les sites allemands jeudi, qui doivent ensuite s'étendre au niveau européen, après la décision de GM de conserver sa filiale. Un peu plus tôt, le responsable du comité d'entreprise de l'usine de Bochum (Rhénanie du Nord-Westphalie), Reiner Einenkel, avait déploré "une situation difficile pour les salariés". "GM a besoin d'argent pour maintenir Opel en activité et nous veillerons à ce que le gouvernement donne les moyens pour que les sites d'Opel soient préservés."
La Commission européenne a pris acte mercredi de la décision du constructeur automobile américain General Motors de conserver sa filiale européenne Opel, tout en souhaitant que son projet d'avenir de l'entreprise repose sur "des bases économiques solides". Bruxelles "estime que le nouveau plan de restructuration de GM doit être fondé sur des motifs économiques solides, en vue d'assurer la viabilité à long terme d'Opel et des emplois durables pour les travailleurs d'Opel".

En Espagne, gouvernement et syndicats ont affiché mercredi leur "surprise" après l'annonce de l'intention de GM de conserver le constructeur Opel, et leurs méfiance quant aux projets, pour l'heure inconnus, de GM pour l'usine de Figueruelas, qui emploie environ 7000 personnes.

Plus à l'Est, la Russie se dit aussi "surprise" et et attend l'examen des recours juridiques possibles à la suite du coup de théâtre de General Motors. Opel aurait dû être vendu au canadien Magna associé pour l'occasion à une banque publique russe, Sberbank. La transaction tenait à coeur à Vladimir Poutine.

En Grande-Bretagne, le gouvernement a indiqué de son côté qu'il allait travailler étroitement avec GM sur ses futurs projets pour Opel. La Grande-Bretagne héberge deux usines Vauxhall (marque britannique jumelle d'Opel) employant 4.700 salariés.

En Pologne, en revanche, le ministre de l'Economie Waldemar Pawlak a salué mercredi la décision de General Motors de renoncer à la vente d'Opel, jugeant qu'elle avantagerait l'usine polonaise d'Opel à Gliwice (sud), qui emploie 2.500 personnes. "General Motors continuera à gérer directement les usines (d'Opel) et il semble que, dans ce contexte, les chances et les perspectives de GM à Gliwice soient bien meilleures." Cependant, les syndicalistes de l'usine se disent "modérément optimistes".

Le choix de General Motors

Plutôt que de vendre sa filiale allemande Opel, General Motors, premier constructeur américain, a décidé de la conserver et de se contenter de restructurer "ses opérations en Europe le plus rapidement possible". GM a assuré qu'il présenterait son plan "très rapidement" en Allemagne ainsi qu'aux gouvernements concernés. La restructuration envisagée devrait coûter environ 3 milliards d'euros.

Le constructeur américain traînait des pieds depuis quelques semaines, générant une crispation chez les autorités et les syndicats allemands et semant le doute sur ses intentions. Mais la vente d'Opel à Magna semblait tellement engagée que cette annonce a résonné comme un coup de théâtre. "Nous sommes reconnaissants du gros travail accompli par les Allemands et les autres gouvernements européens dans la traversée de cette période économique très difficile. Nous apprécions aussi les efforts fournis par Magna et ses partenaires russes pour tenter de parvenir à un accord équitable", a indiqué GM.

Peu de temps après l'annonce de GM, la direction de Magna a dit accepter la décision du constructeur automobile américain, soulignant qu'il continuerait "à soutenir" les deux sociétés (GM et Opel) "dans les défis à venir".

L'attitude des autorités européennes pourrait avoir contribué à la volte-face de GM. La Commission européenne avait critiqué indirectement la façon dont l'Allemagne, où sont implantés la moitié des 50.000 emplois d'Opel, s'était immiscée dans le choix de Magna et avait proposé des aides pour protéger les emplois allemands au détriment des six autres pays européens abritant des sites.

Graphique interactif présentant une carte des sites de production du constructeur automobile General Motors en Europe et la localisation des 50.000 emplois dont environ 10.000 doivent être supprimés.

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