Lors d'une rencontre au Canada, Gabriel Attal et Justin Trudeau défendent le Ceta, un "accord gagnant-gagnant"

Si le Sénat français a voté contre le traité de libre-échange le 21 mars. Il sera à nouveau examiné à l'Assemblée nationale fin mai.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le Premier ministre français, Gabriel Attal, et son homologue canadien, Justin Trudeau, lors d'une conférence de presse à Ottawa (Canada), le 11 avril 2024. (PATRICK DOYLE / AFP)

Ils le défendent bec et ongles. Le Premier ministre français Gabriel Attal et son homologue canadien, Justin Trudeau, ont soutenu l'accord du Ceta, jeudi 11 avril à Ottawa (Canada), qu'ils considèrent comme "gagnant-gagnant". Les deux hommes se sont dits confiants pour la suite de l'application de cette entente dite "Comprehensive Economic and Trade Agreement" ("accord économique et commercial global" en français).

"Depuis qu'il a été signé, depuis qu'il est en vigueur, les échanges entre nos deux pays ont progressé de plus d'un tiers", a déclaré Gabriel Attal. De son côté, le Canada va continuer à "démontrer l'impact positif, sur les citoyens, du commerce et commerce responsable entre les amis et des alliés qui partagent les mêmes valeurs", a souligné Justin Trudeau.

"Si un pays ne peut pas ou ne veut pas avoir du libre-échange avec un pays progressiste, ouvert et responsable comme le Canada, avec quel pays voudriez-vous faire un accord de libre échange ?"

Justin Trudeau, Premier ministre canadien

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Après son approbation par le Parlement européen début 2017, cet accord commercial est déjà appliqué de manière provisoire depuis septembre de la même année. Dix Etats européens doivent encore le valider. Cependant, le Sénat français a voté contre le 21 mars, mettant en péril sa ratification sur fond de crise agricole. Il sera à nouveau examiné à l'Assemblée nationale fin mai. Outre l'agriculture, le Ceta comprend un volet sur les minerais canadiens dits "critiques" pour la transition énergétique comme l'uranium ou le lithium, prisés par Paris. Mais les échanges entre l'UE et le Canada ont aussi pris une nouvelle tournure depuis la guerre en Ukraine. Grâce au Ceta, l'Europe a pu substituer des produits canadiens aux produits russes qu'elle n'importe plus.

"Mieux collaborer" en cas de feux de forêt

Autre enjeu de taille mis sur la table par les chefs de gouvernement français et canadien jeudi : la question climatique et celle des feux de forêt. Justin Trudeau a annoncé l'achat de deux bombardiers canadiens par la France et la signature d'"une entente pour mieux collaborer quand vient le temps de faire face aux feux de forêt". L'année dernière, la France avait envoyé 350 pompiers pour aider le Canada à lutter contre la pire saison de feu de son histoire, qui a ravagé plus de 15 millions d'hectares.

Sur le climat, Gabriel Attal entend pousser une initiative du président français Emmanuel Macron, le "pacte de Paris pour les peuples et la planète", lancé en juin 2023. Il vise à refonder le système financier mondial afin de lutter à la fois contre le réchauffement et la pauvreté. Le Canada ne l'a pas ratifié, mais Paris attend un engagement "ambitieux" de son partenaire.

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