Fumier déversé, ragondins maltraités... Comment les agriculteurs ont crié leur "ras-le-bol"

Les agriculteurs, qui se disent accablés par les contrôles et les réglementations, ont manifesté un peu partout en France.

Un manifestant lance une pomme de terre lors d\'un rassemblement d\'agriculteurs, le 5 novembre 2014 à Dijon (Côte d\'Or).
Un manifestant lance une pomme de terre lors d'un rassemblement d'agriculteurs, le 5 novembre 2014 à Dijon (Côte d'Or). (JEFF PACHOUD / AFP)

Ils en ont "ras-le-bol". Des agriculteurs en colère ont défilé, mercredi 5 novembre, un peu partout en France pour protester contre les contrôles et les réglementations. Selon la FNSEA, le syndicat majoritaire qui avait appelé à cette mobilisation, ils étaient 35 000, "du jamais-vu depuis des années".

Pour se faire entendre, ils n'ont pas hésité à déverser du fumier dans la rue, à lâcher des ragondins vivants ou à s'inviter dans les cantines des établissements publics. Au Mans (Sarthe) ou à Moulins (Allier), les esprits se sont échauffés en fin de manifestation et les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes.

Francetv info revient sur les méthodes parfois musclées des manifestants.

A Toulouse, le local des Verts recouvert de fumier

Le gouvernement n'était pas la seule cible des manifestants. A Toulouse (Haute-Garonne), du fumier et du lisier ont été déversés sur les vitres et devant le local d'Europe-Ecologie-Les Verts.

Dans un communiqué, le parti a condamné "les dégradations commises sur plusieurs bâtiments et boulevards lors de la manifestation (...) parmi lesquels les locaux d'EELV Midi-Pyrénées, recouverts de fumier et d'immondices". Le maire UMP de Toulouse a lui déploré un "acte crétin".

A Nantes, des ragondins maltraités

Après le fumier, des ragondins. Les manifestants nantais ont jeté des rongeurs vivants par dessus les grilles de la préfecture. Les animaux ont également été aspergés de peinture et roués de coups de pied. Pourquoi un tel acte ? "Les ragondins, c'est comme Ségolène [Royal, ministre de l'Ecologie], c'est des nuisibles", explique un manifestant sur Telenantes.

La Fondation Brigitte Bardot, qui accuse les agriculteurs de se comporter "comme des casseurs", a annoncé qu'elle allait porter plainte contre "les actes de cruauté perpétrés aujourd'hui à Nantes lors de cette manifestation initiée par la FNSEA".

Dans le Nord, des cantines contrôlées

Dans le Nord, des agriculteurs ont visité des cuisines de sociétés fournissant des cantines publiques pour voir si elles se fournissaient avec des produits français"On a pu vérifier qu'ils avaient une grande quantité de produits étrangers dans leur frigo", a regretté Eric Taisne, de la FNSEA du Nord.

Une vingtaine de jeunes agriculteurs ont fait la même chose au ministère de l'EconomieVerdict : "Tomates du Maroc, pommes d'Italie, produits sans étiquette... Le ministère de l'Economie devrait être exemplaire dans le 'made in France' et ce n'est pas le cas. On est un peu exaspérés", déplore Samuel Vandaele, secrétaire général adjoint des Jeunes agriculteurs.

A Paris, des pommes de terre distribuées gratuitement

Des montagnes de patates sur la place de la République. Dès six heures du matin, une centaine d'agriculteurs d'Ile-de-France ont distribué gratuitement aux passants cinquante tonnes de pommes de terre et dix tonnes de fruits. "On est plutôt familiers des actions coup de poing dans la région, mais là, le désarroi est tel que nous avons privilégié une action de communication pour venir au contact des Parisiens et expliquer notre problématique", explique à Libération Damien Greffin, de la FNSEA Ile-de-France.