SwissLeaks : les déclarations fracassantes du lanceur d'alerte Hervé Falciani

L'ancien informaticien de la banque suisse HSBC a promis de nouvelles révélations. 

L\'ancien informaticien de HSBC Hervé Falciani est entendu à l\'Assemblée nationale, le 2 juillet 2013, à Paris. 
L'ancien informaticien de HSBC Hervé Falciani est entendu à l'Assemblée nationale, le 2 juillet 2013, à Paris.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

A l'origine de l'affaire SwissLeaks se trouve un homme : Hervé Falciani. L'informaticien à l'origine de la fuite des fichiers de la banque HSBC a hérité du surnom de "Snowden de la fraude fiscale", en référence au lanceur d'alerte américain. A partir des documents qu'il a transmis au fisc français, un consortium de journalistes mené par Le Monde a dévoilé un immense système d'évasion fiscale européen.

Mais la mission que s'est donnée ce lanceur d'alerte de la finance mondialisée au parcours rocambolesque n'est pas terminée. "Si on tire les fils vers toutes les sociétés concernées, ça va être un nouveau raz-de-marée", a-t-il prévenu sur BFMTV et RMC, jeudi 12 février. Invité des plateaux de télévision et des matinales de radio, l'ancien informaticien de 42 ans, poursuivi par la Suisse, s'en est à nouveau pris au système bancaire. Francetv info revient sur ses accusations en trois citations.

"Jean-Claude Juncker est un pirate en chef"

Sur le plateau de BFMTV, Hervé Falciani n'a pas mâché ses mots au sujet du président de la Commission européenne. "L'Europe est gouvernée par un pirate en chef, Jean-Claude Juncker. Il a piraté nos économies", a-t-il dénoncé, assurant que l'ancien dirigeant luxembourgeois avait financé l'économie du pays en permettant "aux entreprises de faire du profit"."Regardez nos réglementations, comment elles nous desservent. Les lois qui se font au niveau de l’Europe sont faites par qui ?" avait-il déjà noté sur Europe 1.

"Je ne suis pas un délateur, je suis un résistant"

L'ancien informaticien, qui se défend d'être un "délateur", se voit en "résistant" et dit en payer le prix. "On s'expose, nous [les lanceurs d'alerte]. Et on n'a pas les moyens de payer nos avocats, on est avec des avocats de résistance, qui sont là et qui mouillent leur chemise pour l'intérêt général", a-t-il déclaré sur BFMTV. De même, il a pointé du doigt les "collabos", ceux qui "au niveau de l'OCDE disent que les paradis fiscaux, c'est fini".

"Je vous dis qu'il y a des obstructions"

Enfin, Hervé Falciani a assuré que des responsables politiques français avaient tenté de détruire des preuves de la responsabilité de HSBC dans le système de fraude fiscale présumé, poursuit BFMTV. Parmi eux, Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux au moment de la révélation des listings obtenus par l'informaticien. "Quand on essaye de détruire des preuves et qu'on est justement un garde des Sceaux, c'est dramatique", a-t-il accusé, dénonçant "des obstructions" à l'enquête.