François Bayrou : "la France va s'en sortir mais pas par les chemins traditionnels usés et reusés"

Comme en 2007, François Bayrou mise sur l'axe central en vue de la présidentielle. Une stratégie qui laisse sceptique l'ancien député européen et président de l'Institut du Centre, Jean-Louis Bourlanges, pour qui M. Bayrou "ne sait pas où il va".

François Bayrou lors d\'une conférence de presse à l\'issue du conseil national du Modem, le 09 juillet 2011 à Paris.
François Bayrou lors d'une conférence de presse à l'issue du conseil national du Modem, le 09 juillet 2011 à Paris. (AFP - François Guillot)

Comme en 2007, François Bayrou mise sur l'axe central en vue de la présidentielle. Une stratégie qui laisse sceptique l'ancien député européen et président de l'Institut du Centre, Jean-Louis Bourlanges, pour qui M. Bayrou "ne sait pas où il va".

Officiellement, il n'est pas encore en campagne. Mais chaque fois qu'il en a l'occasion, le probable candidat à la présidentielle, François Bayrou, tient à marquer sa différence avec ses deux principaux rivaux, déclaré ou pressenti. "Pour sortir la France de ses difficultés, il n'y a pas d'autres choix que ce que nous défendons, à savoir la mise en en place d'un axe central. Cela, ni la droite ni la gauche ne peuvent le faire", répète à l'envi le leader centriste.

Invité dimanche de BFMTV2012 Le Point/RMC, M. Bayrou a fait valoir que "la crise dans laquelle nous allons encore entrer" n'est "pas comme les autres et exigera des réponses qui ne seront pas comme les autres", autrement dit une réponse qui passe par lui.

"Je suis persuadé qu'on ne peut pas le faire [résoudre les difficultés actuelles] sans un plan d'ensemble". "Je sais qu'avec certitude la France va s'en sortir mais pas par les chemins traditionnels usés et reusés", a-t-il affirmé.

Glisser à droite en se démarquant nettement de Nicolas Sarkozy

Dans la course élyséenne, M. Bayrou a tout intérêt à glisser sur la droite de l'échiquier politique, le candidat socialiste, François Hollande, ayant tendu la main, sans ambages, aux électeurs "qui ne savent pas s'ils sont de gauche" mais "savent qu'ils ne sont plus de droite".

Interrogé sur les 35 heures, M. Bayrou a répondu qu'il avait "toujours pensé" qu'elles étaient "une erreur". A l'époque, a-t-il poursuivi, "j'ai été extrêmement frappé que cette décision ait été prise alors que personne ne la demandait". "C'était une erreur tombée absolument du ciel, une mesure qui m'est apparue comme idéologique et déstabilisatrice", a-t-il dit.

Tout aussi clairement, il a pris ses distances avec le très probable candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, se disant "frappé et inquiet de voir les réponses au coup par coup" décidées pour faire face à la crise et évoquant "une rustine après l'autre".

Jean-Louis Bourlanges "extrêmement désenchanté"

Indiquant qu'il avait voté pour Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle en 2007 mais qu'il s'était "tout de suite dissocié, refusant toute offre de service", le centriste Jean Louis Bourlanges s'est montré très sévère sur la situation du centre en général, et à l'égard de M. Bayrou en particulier.

Pire. Le président de l'Institut du Centre s'est dit "personnellement extrêmement désenchanté" sur la façon dont le centre se situe". "Ses idées ont marqué des points", a-t-il affirmé lundi matin sur France Inter " mais il est évident que dans une alliance avec la gauche, le centre n'a pas véritablement sa place."

"Quant à la droite, on voit bien que le centre s'est compromis excessivement", s'est désolé M. Bourlanges, citant nommément Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, anciens membres du gouvernment, mais sans épargner pour autant le président du MoDem. "Je reste extrêmement sceptique sur sa capacité à faire quelque chose car je pense qu'il ignore profondément les dynamiques, les logiques institutionnelles de la Ve République", a-t-il affirmé.

"Il a hérité d'un parti qui était l'un des trois premiers partis de France quand il est devenu secrétaire général puis président de l'UDF et il a laissé se détruire son parti en allant à gauche d'abord, maintenant en allant vers la droite, sans qu'on sache véritablement où il veut aller", a-t-il ajouté.

"Donc, je suis très malheureux", a conclu M. Bourlanges.