VIDEO. Finistère : les petits pêcheurs encaissent mieux la crise que les gros

Les petits pêcheurs bretons craignaient de mettre la clé sous la porte pendant le confinement. Mais ils ont bien résisté. En revanche, les plus gros, de retour, ont du mal à écouler leur pêche à la criée : la demande des restaurateurs leur manque cruellement.

France 2

Ils rentrent de quinze jours en haute-mer au large de l’Irlande. Deux semaines coupés du monde, comme avant le confinement. C’était la première sortie des pêcheurs d'un chalutier depuis deux mois. Contre vents et virus, pour ce bateau, la pêche a repris. Retour dans son port d’attache à Loctudy dans le Finistère.

À bord, des pêcheurs fatigués, mais contents de rentrer la cale bien chargée. Ils sont cinq. Le patron, trois matelots et un mécanicien dans ce bateau de 18 mètres. C’est la valeur de leur pêche qui déterminera leurs revenus. Il faudra six heures pour décharger toute leur pêche. Plus de 11 tonnes de poissons, de toutes tailles et de toutes espèces.

Meilleurs chiffres depuis trois ans pour certains

Pour l’équipage, une seule question : fallait-il prendre le risque économique de ressortir en mer ? Le lendemain matin, l’heure de vérité à la criée : les ventes se font rares, et les cours dévissent. "On se pose des questions, est-ce qu'il faut que je continue ou pas ?", s'interroge le patron de l'Ar-Laeres"C'est bien joli d'aller en mer pêcher du poisson mais si on ne le vend pas, je ne vois pas l'intérêt", commente-t-il après la criée, alors qu'environ 10% de sa pêche est invendue.

La situation est tout à fait différente pour la pêche côtière et la petite pêche. Confinement ou pas, Erwan Le Guilloux n'a jamais cessé de partir en mer, et il n'a jamais aussi bien gagné sa vie depuis trois ans : jusqu'à 12 000 euros de chiffres d'affaires par mois pendant le confinement, "sans forcément faire de très gros volumes", remarque-t-il.

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Des merlans dans une grande surface. La population de cette espèce s'est "effondrée" selon l'Ifremer. (MYCHELE DANIAU / AFP)