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Estrosi tente de rassurer les syndicats

Le ministre de l'Industrie assure que l'équipementier ne procèdera à aucune délocalisation à l'étranger
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Nouveau plan de restructuration chez Alcatel (© F2)
Le ministre de l'Industrie assure que l'équipementier ne procèdera à aucune délocalisation à l'étrangerLe ministre de l'Industrie assure que l'équipementier ne procèdera à aucune délocalisation à l'étranger

Alcatel-Lucent, qui compte près de 11.000 salariés en France, a présenté jeudi aux représentants du personnel un projet de réduction d'environ 850 postes sur deux ans avec '"un plan de sauvegarde de l'emploi principalement sur la base du volontariat".

D'après les syndicats, au moins 150 postes dans la recherche devraient en outre être externalisés.

Une information confirmée par la direction, qui a toutefois indiqué que ce n'était encore qu'un "projet".

A la suite d'un long entretien téléphonique avec Philippe Camus, le président d'Alcatel-Lucent, Christian Estrosi s'est lui déclaré "satisfait de la franchise de l'échange et des solides assurances qu'il a reçues" a expliqué son ministère dans un communiqué. Il "propose qu'une réunion se tienne sous son égide à Bercy avec les représentants des salariés afin d'évoquer plus précisément leur situation".

Plus tôt dans la matinée, le ministre de l'Industrie qui s'exprimait sur RTL, a déclaré vouloir demander des explications aux responsables du groupe. "Je suis un peu intrigué, un peu surpris. Je ne comprends pas que l'on puisse dire (que l'on veut externaliser et supprimer des postes) alors qu'il y a des savoir-faire chez ces salariés", a expliqué le ministre. "La France a beaucoup mis sur Alcatel-Lucent en matière de recherche et développement, en le prenant dans des pôles de compétitivité, en mettant du crédit-impôt recherche", a souligné M. Estrosi. "Et donc aujourd'hui, j'aurai une conversation avec les responsables d'Alcatel-Lucent". Il dit également vouloir "prendre contact avec les salariés".

Le plan de réduction d'effectif, présenté aux instances représentatives du personnel le 23 juillet, vise à réduire les coûts de structure tout en préservant le rôle central de la France dans le groupe et sa capacité de recherche et développement", a déclaré jeudi une porte-parole du groupe à l'AFP.

Après cette annonce, des salariés de l'usine de matériel de télécommunications d'Eu, en Seine-Maritime, ont cessé le travail. Les grévistes à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-CFE/CGC se sont installés peu après 8h avec des retraités devant les portes de l'usine. Au cours de la matinée, un délégué en contact avec les élus du CCE a annoncé aux manifestants qu'à l'usine d'Eu quelque 200 postes sur 500 seraient supprimés.

Depuis la difficile fusion en 2006 entre le français Alcatel et l'américain Lucent Technologies, le groupe a déjà procédé à plusieurs plans de restructuration, comprenant 17.500 suppressions d'emplois d'ici 2009, dont plus de 2.000 en France. Le dernier en date, annoncé en décembre 2008 après l'arrivée en septembre à la tête de l'équipementier de Ben Verwaayen, pour succéder à la directrice générale Patricia Russo, concernait la suppression de 1.000 postes de cadres dans le monde et la réduction drastique du nombre de sous-traitants.

En outre, le 18 juin, l'équipementier a annoncé le transfert de 1.000 postes dans l'informatique au niveau mondial à Hewlett-Packard. Selon les syndicats, qui parlent d'une "externalisation", 205 postes doivent être touchés en France. Depuis le plan concernant les cadres en France, Alcatel-Lucent ne propose plus de pré-retraites à ses salariés.

Le 26 juin, la ministre de l'Economie et de l'Emploi, Christine Lagarde, avait dit s'attendre à "des plans sociaux importants" durant ou après l'été.

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