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Espionnage industriel : un manque à gagner de 46 milliards d'euros

Depuis la mondialisation et le développement des nouvelles technologies, l’espionnage industriel s’est développé, et il a changé de nature. Pénétrer dans les serveurs informatiques d’une entreprise pour pirater les messageries est devenu banal. Rares sont les grosses sociétés qui y échappent.
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Radio France
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 (L'espionnage industriel, un phénomène qui se généralise © REUTERS / Pawel Kopczynski)

 Prenez Edouard par exemple : ce hacker espionne pour le compte de toutes sortes de sociétés. Et il nous explique qu’il suffit d’un virus attaché à un mail qu’on envoie à des salariés, pour pirater les données d’un concurrent. Ce travail lui rapporte 50 000 euros en moyenne, la plupart du temps remis dans des enveloppes en liquide. Résultat : en 2013, le manque à gagner à cause du piratage pour les entreprises françaises serait de 46 milliards d’euros selon la Communications Fraud Control Association. 

Pas seulement des free-lances

Il existait en France dans les années 2000 plusieurs sociétés d’intelligence économique qui violaient allègrement les lois. Mais elles ont fait faillite ou se sont exilées après plusieurs condamnations contre leurs dirigeants. On en trouve cependant toujours, mais ailleurs, en Espagne, au Luxembourg, en Suisse ou au Maroc. Certaines sont encore redoutables.

Généralement, on espionne pour rafler un marché à son concurrent, ou pour lui voler des années de recherche. Mais on le fait aussi lorsqu’on veut racheter un concurrent. On le sait maintenant, lorsque en 2006 l’Indien Mittal a racheté le géant français de l’acier Arcelor, il ne l’a pas fait à l’aveugle. C'est ce que raconte aujourd'hui Alain Juillet, ancien chef du renseignement de la DGSE : 

"Mittal avait une taupe dans le conseil d’administration d'Arcelor. Elle a été parfaitement identifiée puisque quand Mittal a pris le contrôle d'Arcelor, il n'y en a qu'un qui n'a pas été viré "."

Un phénomène qui se généralise. Les raisons de cette hausse préoccupante ? La mondialisation et les nouvelles technologies. Les hackers agissent de plus en plus vite, mais les entreprises sont toujours aussi lentes à les repérer.

Des méthodes comparables parfois utilisées par les États

Et notamment par les États-Unis. Les Américains ont pris l’habitude de poursuivre les entreprises françaises, même si elles n’ont rien commis d’illégal aux États-Unis. Jusqu’ici rien à dire, sauf qu’une fois qu’elles les ont condamnées, ils placent à l’intérieur ce qu’on appelle des monitors : des personnes officiellement chargée de vérifier que l’entreprise agit dans la légalité, mais qui de fait, peuvent faire remonter des secrets aux Américains.

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