Hidalgo en guerre contre Macron sur le travail du dimanche : la polémique en trois actes

Dans une lettre adressée au ministre de l'Economie dimanche, la maire de Paris dénonce "l'inconstitutionnalité" de la loi Macron sur le travail dominical.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, lors d\'une conférence de presse, le 7 novembre 2014.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, lors d'une conférence de presse, le 7 novembre 2014. (MAXPPP)

Anne Hidalgo part en guerre contre Emmanuel Macron. Dimanche 6 septembre, la maire socialiste de Paris a envoyé au ministre de l'Economie une lettre au vitriol, dans laquelle elle exprime son désaccord et souligne "l'inconstitutionnalité" du projet de répartition des futures zones touristiques internationales (ZTI) dans la capitale. Publiée fin août par Bercy, cette répartition polémique prévoit la création de 12 zones, dans lesquelles les commerces pourront être ouverts douze dimanches par an et tous les soirs jusqu'à minuit.

Dans un entretien accordé au Parisien, la maire de Paris estime ne pas avoir été consultée par Emmanuel Macron, et même avoir été "maltraitée". Retour sur cette polémique à gauche en trois actes.

Acte 1: Bercy publie la répartition polémique des futures zones touristiques internationales (ZTI) à Paris

Fin août, le ministère de l'Economie présente la carte de Paris définissant les douze futures zones touristiques internationales (ZTI) de la capitale. Problème : loin de se contenter des huit zones à Paris déjà classées en "zone touristique municipale" par les mairies, qui rassemblent les lieux touristiques comme les Champs-Elysées ou Montmartre, le ministère ajoute quatre autres zones, plus connues pour leurs centres commerciaux que pour leur attractivité touristique.

Il s'agit entre autres du centre commercial Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement, de la dalle des Olympiades, de la bibliothèque François-Mitterrand et du cour Saint-Emilion dans le 13e arrondissement, ou encore des abords du Marais et de la place de la République, entre le 3e et le 11e arrondissement.

Acte 2 : Anne Hidalgo affirme qu'on lui ôte
son "pouvoir de maire"

Remontée contre ce projet de "généralisation du travail du dimanche", Anne Hidalgo contre-attaque dans un entretien au Parisien le 4 septembre : "La loi pour la croissance persiste à ôter à la maire de Paris la compétence pour attribuer les douze dimanches travaillés au préfet (…) Il est évident que je n'ai pas été entendue dans cette affaire (...) J'ai même été maltraitée."

En février 2015, Anne Hidalgo avait déjà fait part de ses réserves sur le projet du travail du dimanche. "Après un travail en commun, plusieurs modifications étaient prévues. Le jour de la discussion de la loi, les amendements élaborés avec le cabinet de monsieur Macron, Sandrine Mazetier, députée de Paris, et moi-même ont été tout simplement rejetés."

Dimanche 6 septembre, la maire de la capitale va encore plus loin, et envoie une lettre au ministre dans laquelle elle se dit prête à saisir le Conseil constitutionnel pour cette "réforme de société imposée à Paris sans implication des acteurs locaux (…) de façon hâtive, dirigiste et centralisée."

Acte 3 : Bercy confirme que l'Etat est le seul en mesure de légiférer

Interrogé dimanche sur ce courrier, le ministère de l'Economie a tout d'abord regretté "de prendre connaissance de ce courrier par voie de presse". Mais il a réafirmé avoir la compétence sur l'attribution des douze dimanches travaillés par an : "La commune de Paris ne se trouve pas dans la même position que les autres communes. L'ouverture des commerces le dimanche relève du domaine de compétence de l'Etat, délégué aux maires et attribué au préfet de police dans le cas particulier de Paris". Il précise que les maires sont appelés à donner un avis sur les choix de Bercy, mais que celui-ci sera purement consultatif.