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Sernam : les salariés ont relâché leurs dirigeants

Les employés du transporteur en redressement judiciaire qui retenaient leur directeur et leur DRH dans les Bouches-du-Rhône ont mis fin à leur mouvement.

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Inquiets de la situation de leur employeur, des salariés de Sernam ont manifesté devant le ministère des Transports, à Paris, le 15 mars 2012. (CHRISTOPHE MORIN  / MAXPPP)

De guerre lasse, les salariés du transporteur Sernam à Miramas (Bouches-du-Rhône), qui retenaient deux dirigeants de leur entreprise, ont abandonné leur mouvement. "Nous n'avons pas obtenu grand-chose mais nous avons décidé de reprendre pour nous et aussi pour nos clients", s'est contenté d'affirmer vendredi 23 mars l'une d'entre eux à l'AFP. La veille dans la soirée, les employés qui retenaient leur directeur et leur DRH avaient finalement décidé de lâcher prise.

Selon l'employée, le collectif de salariés de Miramas a négocié "directement avec la direction générale du groupe" en redressement judiciaire. Le site emploie 46 personnes, 76 avec les sous-traitants. "On ne s'est pas battu que pour Miramas mais pour l'ensemble des salariés de Sernam en France", a précisé l'employée à l'AFP.

Un mouvement de grève en Moselle

Au même moment, des salariés de Sernam à Moulins-lès-Metz, en Moselle, se sont mis en grève vendredi. Ils ont empêché l'entrée et la sortie des camions, redoutant eux aussi la liquidation judiciaire. Sur 34 salariés, 16 sont en grève "de manière illimitée", a précisé une responsable syndicale CFDT, Ileanna Trzpit. 

Une réunion doit se tenir mardi au ministère des Transports en présence des syndicats et de la direction de Sernam. La même journée, le tribunal de commerce de Paris doit se pencher sur la procédure de redressement.

L'avenir de Sernam menacé

La Commission européenne a décidé d'imposer à l'Etat français de récupérer 642 millions d'euros d'aides illégales versées à Sernam avant et au moment de la privatisation de l'entreprise (en 2005), une décision contre laquelle la France devrait déposer un recours "dans les prochains jours". Cette décision des autorités de Bruxelles compromet grandement l'avenir de Sernam et de ses 1 600 salariés en faisant peser le risque, pour un éventuel repreneur, d'avoir à payer la facture.

Une seule offre de reprise partielle de Sernam a été déposée, sous la forme de deux projets conjoints émanant des groupes BMV et Geodis-Calberson. Elle propose "le maintien de 826 emplois" sur les 1 600 actuels, un chiffre insuffisant selon les syndicats. Et, selon un salarié, "elle ne veut reprendre aucun des salariés de Miramas". L'offre pose en outre comme condition de ne pas avoir à rembourser les 642 millions d'euros.

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