Quel avenir pour Blackberry en pleine déconfiture ?

Le fabricant de smartphones canadien n'a pas su faire face à la concurrence des iPhones et des appareils sous Android. Il étudie plusieurs stratégies pour survivre.

Un téléphone BlackBerry Z10, en Californie, le 8 juillet 2013.
Un téléphone BlackBerry Z10, en Californie, le 8 juillet 2013. (MARIO ANZUONI / REUTERS)

Après la déroute, quelle sortie de crise ? Le fabricant canadien de smartphones BlackBerry a annoncé, lundi 12 août, qu'il avait mis en place un comité spécial afin d’explorer les "options stratégiques" pour permettre sa survie. 

Un temps pionnière des smartphones, l'entreprise a perdu 90% de sa valeur en Bourse en cinq ans. Elle n’a pas su faire face à la montée de l’iPhone et des téléphones fonctionnant sous Android. Son nouveau modèle, BlackBerry 10, lancé en début d'année, n'a pas enrayé le déclin de ses parts de marché. Pour tenter de remonter la pente, plusieurs options sont évoquées.

Option 1 : la revente à un autre groupe

La cession totale n’est plus un tabou, mais reste à savoir qui voudrait racheter BlackBerry. Selon Ian Lee, professeur à l’école de commerce Sprott d’Ottawa, il est pratiquement impossible qu’un groupe chinois s'en empare. Car le gouvernement canadien, poussé par les Américains, s’y opposerait. L’expert estime que seul Microsoft pourrait trouver un intérêt commercial à l'acquérir. Joe Rundle, responsable de marché chez ETX Capital, pense, lui, à Facebook, qui cherche à se lancer dans le smartphone, ou à Amazon qui, dans l'optique d'élargir l’audience de sa liseuse Kindle, pourrait être intéressé. Le site économique Quartz fait la liste des groupes susceptibles de le racheter.

Option 2 : un partenariat financier

La société canadienne n'exclut pas un retrait de la cote pour régler ses problèmes financiers dans un contexte plus serein. La source à l'origine de cette information a fait état d'une possible collaboration avec la société de capital-investissement Silver Lake Partners. Ce fonds d’investissement est déjà impliqué dans le rachat de Dell aux Etats-Unis.

Option 3 : la dislocation

Plutôt que la cession totale, l’entreprise pourrait aussi opter pour la vente à la découpe. "C'est l'hypothèse privilégiée par la plupart des analystes", selon 20minutes.fr. En plus des smartphones qui portent son nom, BlackBerry dispose en effet d'une importante collection de brevets et d'une activité de services aux entreprises, notamment dans le "cloud", qui vaudrait entre 1 et 5,7 milliards, selon les estimations. Quant à ses brevets, ils pourraient intéresser Google et Samsung, actuellement engagés dans une course sans merci dans le domaine.