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Pour SFR, "financer la fréquence 4G à 2 euros par mois, c'est impossible"

Le PDG de l'opérateur mobile s'interroge sur la "pérennité" des offres à bas coûts lancées par Free Mobile et l'accord entre ce dernier et Orange quant à l'utilisation de son réseau.

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France Télévisions
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Le patron de SFR, Franck Esser, à Paris le 21 janvier 2010. (MEIGNEUX / SIPA)

Le patron de SFR (Vivendi) a été "sincèrement étonné par l'agressivité" des offres à bas coûts de Free Mobile. Franck Esser, le PDG de l'opérateur, a posé, mercredi 22 février, plusieurs "questions-clé" sur l'accord d'itinérance conclu par Orange et Free (Iliad), un accord qui permet au nouveau venu de profiter pour partie du réseau d'Orange en attendant la montée en puissance progressive de ses infrastructures.   

Après l'audition à l'Assemblée nationale du patron de Free, Xavier Niel, et de son homologue de France Télécom, Stéphane Richard, c'était au tour de Franck Esser de répondre au feu nourri des questions de députés provoquées par l'entrée de la filiale d'Iliad sur le marché de la téléphonie. Et de s'interroger par la même occasion.

"On a demandé la transparence"

Le patron de SFR a notamment posé la question de la "pérennité de ces innovations tarifaires", notamment le forfait à 2 euros par mois proposé par Free. "C'est une question-clé, a-t-il répété, parce que pour moi, financer la fréquence 4G à deux euros par mois, c'est impossible !" De plus, "on ne connaît pas le contrat d'Orange avec Free", ni les termes de l'accord, ni même les conditions de son application, a insisté le PDG de SFR. C'est pourquoi "on a demandé la transparence" à l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep).

Free s'est engagé à couvrir 27% de la population avec son propre réseau et a signé un contrat d'itinérance avec Orange pour couvrir les trois quarts restants, en attendant de développer son propre réseau. Mais les autres opérateurs assurent que Free ne respecte pas cette obligation de 27%. SFR veut notamment savoir "pourquoi quelqu'un [comme France Télécom] donne une clé à quelqu'un [comme Free] qui a aussi une clé d'accès" à un réseau, avec tous les risques de fragilisation que cela comporte pour le réseau accueillant l'opérateur itinérant.

L'impact économique "est là"

En outre, le taux de couverture de Free dans certaines villes, pourtant "réputées comme couvertes" par le nouvel opérateur, n'était que de "9% à Paris" la troisième semaine après son entrée sur le marché, de "3% à Nantes" et "de 12% à Montpellier", a constaté SFR. C'est pourquoi ce dernier demande "une clarification" sur "les règles du jeu".

SFR a écrit à cet effet, le 3 février, à l'Arcep pour lui faire part du résultat des vérifications qu'il a lui-même effectuées, montrant que l'essentiel des appels effectués par des clients de son rival Free transite par le réseau d'Orange. Le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a demandé à l'Agence nationale des fréquences (ANFR) de réaliser un audit sous dix jours sur "la couverture effective des réseaux de l'opérateur Free Mobile sur le territoire métropolitain", a-t-on appris le 19 février.

Enfin, interrogé par les députés sur les répercussions pour SFR de la nouvelle concurrence de Free, son PDG a répondu : "Bien sûr, l'impact est là mais il est encore trop tôt" pour le mesurer. 

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