2012, année noire pour les constructeurs français

Pourquoi, dans quelles proportions... francetv info fait le point sur la situation des marques françaises.

Les immatriculations de voitures neuves en France ont chuté de près de 14% en 2012 par rapport à 2011.
Les immatriculations de voitures neuves en France ont chuté de près de 14% en 2012 par rapport à 2011. (ERIC CABANIS / AFP)

2012 a été la pire année pour le marché de l'automobile français depuis 1997. Les immatriculations de voitures neuves en France se sont effondrées de 13,9% en 2012 par rapport à l'année précédente, passant sous la barre de 1,9 million selon un communiqué du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) mercredi 2 janvier. De 2009 à début 2011, le marché avait été soutenu par la prime à la casse, supprimée fin 2010. Francetv info revient sur les chutes des ventes enregistrées en 2012, qui touchent avant tout les constructeurs français.

Quelles sont les marques les plus affectées

Si leur part de marché se maintient au-dessus de 50%, les marques françaises sont les plus touchées par la chute des achats de voitures neuves en France. Les immatriculations de PSA Peugeot Citroën ont ainsi baissé de 17,5% et celles de Renault (Dacia compris) de 22,1% en 2012 par rapport à 2011. En comparaison, le recul des marques étrangères est bien moins marqué : elles enregistrent une baisse de 6,7%.

Sur le seul mois de décembre, les ventes de voitures ont chuté de 14,6% en France. Cela se traduit par des baisses de 14,2% pour PSA et de 27,1% pour Renault. Quatre groupes étrangers ont en revanche vu leurs immatriculations augmenter durant ce mois selon Les EchosL'allemand BMW a ainsi observé une hausse de 14,6%. Les ventes du japonais Toyota, de l'allemand Mercedes et du sud-coréen Hyundai ont elles aussi progressé.

Pourquoi les françaises sont-elles les plus touchées

"Toutes les marques généralistes reculent, tandis que celles haut de gamme se maintiennent", a commenté un porte-parole du CCFA. Or, les constructeurs français sont peu portés sur le secteur du luxe et sont victimes de ce que les professionnels appellent le "syndrome diabolo"."Les consommateurs se tournent moins vers les moyennes gammes, les voitures familiales, comme les monospaces ou les breaks, spécialités des marques françaises. Il y a un intérêt concentré sur le haut de gamme et les véhicules low cost", analyse pour Europe 1 Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire automobile Cetelem. 

Comment envisagent-elles 2013 ?

La situation risque de ne pas s'arranger. "On s'attend à un marché 2013 au mieux comme celui de 2012. Nous verrons quelle sera la tendance au premier trimestre", a averti le porte-parole du CCFA. Dans cette perspective, les constructeurs français espèrent que leurs nouveaux modèles feront recette, par exemple la citadine 208 chez Peugeot et la nouvelle version de la C4 Picasso chez Citroën.

Le début d'année est aussi marqué par l'entrée en vigueur des nouveaux malus pour les voitures les plus polluantes. De nouvelles tranches ont été introduites et le malus a été durci jusqu'à atteindre 6 000 euros pour les modèles émettant plus de 200 g de CO2 par km. Le bonus pour les modèles moins polluants comme les véhicules électriques et hybrides a lui été renforcé cet été. Mais ces voitures ne représentent pour l'instant qu'une part très minime des ventes en France.