Un "bonus de bienvenue" de 4 millions d'euros pour le nouveau patron de Sanofi

La révélation de cette "poignée de main en or", pratique courante outre-Atlantique, a fait réagir, lundi, le gouvernement, qui la juge "incompréhensible".

Un laboratoire Sanofi à Maisons-Alfort (Val-de-Marne).
Un laboratoire Sanofi à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). (IMAGE POINT FR / BSIP / AFP)

A peine sa nomination annoncée, jeudi 19 février, le nouveau patron de Sanofi doit déjà faire face à sa première polémique. Le nouveau directeur général du groupe pharmaceutique français, Olivier Brandicourt, sera gratifié d'un "bonus de bienvenue" pouvant aller jusqu'à 4 millions d'euros.

Une "poignée de main en or" très répandue aux Etats-Unis

Selon un document consultable sur le site internet de Sanofi, une indemnité forfaitaire brute de 2 millions d'euros est prévue pour la prise de fonction du nouveau directeur général, prévue le 2 avril. Celui qui dirige actuellement les activités pharmaceutiques du groupe allemand Bayer bénéficiera à nouveau d'une telle indemnité s'il est toujours en poste en janvier 2016.

Sanofi explique que cette prime a été accordée à son nouveau patron "en contrepartie des avantages auxquels il a renoncé en quittant son précédent employeur". La pratique d'accorder des primes d'accueil aux grands dirigeants d'entreprise est très répandue aux Etats-Unis, où elles sont appelées "golden handshake" ("poignée de main en or").

"Un peu de décence", réclame le gouvernement

L'annonce de l'octroi de ce bonus, en plus d'un confortable salaire, dont la part fixe annuelle brute s'élève à 1,2 million d'euros, suscite les critiques de l'exécutif. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, la juge "incompréhensible", sur RTL, lundi, alors que le futur patron n'a "pris encore aucun risque".

"Ce qu'il faudrait, c'est un peu d'autodiscipline dans la décence des comportements, a ajouté Ségolène Royal sur BFMTV. Les médicaments sont remboursés par les Français, donc c'est finalement tous les Français qui paient la Sécurité sociale (...) qui vont payer les primes de bienvenue au patron de Sanofi." La ministre de l'Environnement "espère" donc qu'Olivier Brandicourt va renoncer à ces 4 millions d'euros. Pour elle, "ce serait un minimum".