La nationalisation de Dexia, une solution à l'étude

La Caisse des dépôts a précisé que ce processus faisait partie des scénarios à approfondir pour la filiale française de l'établissement bancaire franco-belge. Son démantèlement a été annoncé il y a trois mois.

Des locaux de la banque Dexia, à Bruxelles (Belgique), le 27 mai 2011.
Des locaux de la banque Dexia, à Bruxelles (Belgique), le 27 mai 2011. (JULIEN WARNAND / AFP)

Ce n'est plus un tabou. La nationalisation de la filiale française de Dexia, Dexia crédit local (DCL), est un scénario actuellement à l'étude. Le député et président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, Michel Bouvard, l'a confirmé vendredi 6 janvier, sans donner plus de détails. "Il y a 'x' solutions, celle-ci en fait partie".

Près de trois mois après l'annonce de son démantèlement, le sort de l'ancien établissement bancaire franco-belge est donc à nouveau sur la table. Selon plusieurs sources concordantes, l'Etat français envisagerait depuis quelques semaines de nationaliser ce qu'il reste en France de Dexia, et qui finance les collectivités locales. Un projet dont le ministère de l'Economie dit n'avoir officiellement "aucune connaissance".

Eviter un assèchement total du crédit

La Belgique, la France et le Luxembourg se sont portés en octobre au secours de Dexia, au bord de l'asphyxie, en organisant son démantèlement pour lui éviter la faillite. En France, la Caisse des dépôts et la Banque Postale doivent prendre le relais des activités de DCL en matière de financement des collectivités. Mais les négociations piétinent et la mise en place du nouveau véhicule de financement n'est pas prévue avant juin.

Pour éviter un assèchement total du crédit, une enveloppe de 5 milliards d'euros a été débloquée pour les collectivités locales et les hôpitaux publics afin de les aider à financer des investissements à la fin de 2011 et au début de 2012.

Selon Les Echos, plusieurs éléments intervenus depuis la signature du protocole d'accord entre la Caisse des dépôts, la Banque Postale et Dexia, notamment la possibilité d'une dégradation de la note de la France, compliqueraient encore des négociations déjà difficiles.