L'action d'Apple en chute libre à Wall Street

Les investisseurs se demandent si la firme à la pomme pourra continuer à innover sans Steve Jobs, décédé l'an dernier.

Devant un Apple store à New York (Etats-Unis), le 14 janvier 2013.
Devant un Apple store à New York (Etats-Unis), le 14 janvier 2013. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Une dégringolade. L'action Apple s'est effondrée, jeudi 24 janvier à la Bourse de New York (Etats-Unis), pour retomber à son plus bas niveau depuis près d'un an. Le titre a perdu 12,35%, à 450,50 dollars. Il n'avait plus valu si peu depuis fin janvier 2012. L'action a désormais perdu plus du tiers de sa valeur par rapport au sommet historique de 702,10 dollars enregistré le 19 septembre.

Rien que sur la journée de jeudi, sa capitalisation boursière a été amputée d'une soixantaine de milliards de dollars. Si elle reste la première mondiale, à près de 424 milliards, l'écart se réduit avec le groupe pétrolier ExxonMobil, numéro deux avec 416,5 milliards. Les investisseurs ne semblent plus avoir une totale confiance en Apple. Explications.

Pourquoi Apple inquiète les investisseurs

Le marché, qui boude Apple depuis quelques mois, s'inquiète de sa capacité à continuer d'innover sans son patron visionnaire Steve Jobs, décédé l'an dernier. Si bien que le géant informatique inquiète les investisseurs quant au maintien de ses parts de marché face à des concurrents de plus en plus agressifs, comme le sud-coréen Samsung.

Le groupe à la pomme a choqué le marché en livrant mercredi soir une prévision de chiffre d'affaires pour le trimestre en cours nettement inférieure aux attentes, douchant les espoirs de bonne surprise en indiquant qu'elle était plus réaliste que celles faites par le passé. Beaucoup d'analystes ont dans la foulée abaissé leurs propres prévisions. "Le ralentissement des ventes de l'iPhone est réel et important", et "nous pensons que les marges vont continuer à baisser", se justifient les analystes de la banque Jefferies dans une note à leurs clients.

Les ventes d'iPhone et d'iPad ont encore permis à Apple au dernier trimestre de l'année 2012 un chiffre d'affaires "record", en hausse de 18%. Mais son bénéfice net a stagné, à un niveau malgré tout très respectable de 13,1 milliards de dollars.

Comment le groupe pourrait se relancer

Beaucoup d'analystes estiment que l'action pourrait retrouver la faveur des investisseurs après le lancement de nouveaux produits d'ici quelques mois. Des rumeurs circulent ainsi depuis longtemps sur une "iTV", et pour Jefferies, Apple pourrait lancer en mars un produit lié à la télévision, qui serait potentiellement un "catalyseur". Plusieurs autres analystes jugent inévitable la sortie d'un iPhone moins haut de gamme, et donc moins cher, probablement cet été.

La banque d'investissement Canaccord souligne que l'appareil pourrait viser des marchés internationaux où les consommateurs privilégient les téléphones commercialisés sans abonnement, utilisés avec des cartes pré-payées, notamment en Europe de l'Est, en Amérique latine ou en Asie du Sud-Est.

Reste à savoir si ces nouveautés susciteront le même engouement que leurs prédécesseurs. La banque Barclays prévient qu'elle évaluera désormais Apple "en regardant si ses produits et services créent la même excitation que celle à laquelle nous avons été habitués".