Le CSA retire son mandat au président de Radio France Mathieu Gallet

La révocation s'applique à compter du 1er mars. Mathieu Gallet avait été condamné le 15 janvier pour favoritisme, lorsqu'il dirigeait l'INA.

Ci-contre, Mathieu Gallet lors d\'une conférence de presse, le 26 août 2015.
Ci-contre, Mathieu Gallet lors d'une conférence de presse, le 26 août 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a décidé, mercredi 31 janvier, de retirer son mandat au PDG de Radio France, Mathieu Gallet. Les membres du CSA se sont réunis en assemblée plénière pour prendre cette décision, qui s'appliquera à compter du 1er mars 2018.

Une "exemplarité nécessaire", selon Françoise Nyssen

Mathieu Gallet a été condamné le 15 janvier, en première instance, à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour "favoritisme" lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel (INA) de 2010 à 2014. Il est soupçonné d'avoir commandé près de 400 000 euros de prestations à deux sociétés de conseil, sans avoir respecté les règles des marchés publics.

Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, avait jugé, à l'issue de cette condamnation, son maintien à la tête de Radio France "inacceptable", alors que Mathieu Gallet avait refusé de démissionner et fait appel du jugement. Son mandat courait jusqu'en mai 2019.

Tout en remerciant Mathieu Gallet pour "son engagement" à la tête de Radio France, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a pris acte mercredi de la décision du CSA, en affirmant que "l'exemplarité" était "nécessaire" et une "condition absolue de bonne gouvernance" pour les dirigeants d'entreprises publiques. Dans un communiqué, les avocats de Mathieu Gallet regrettent, eux, que "la pression de l'Etat a été plus forte que la présomption d'innocence". 

Le CSA a motivé sa décision par un communiqué, en mettant en avant les rapports compliqués entre Mathieu Gallet et l'Etat. "Il importe que les relations d’échange et de dialogue (...) soient denses, confiantes et permanentes, dans un contexte de réforme majeure de l’audiovisuel public annoncée par le pouvoir exécutif." Le CSA assure par ailleurs être "particulièrement sensible aux questions de déontologie, de prévention des conflits d’intérêts et de moralisation de la vie publique qui sont des préoccupations fortes des citoyens et des pouvoirs publics".

Un intérim à la tête du groupe

Conformément aux statuts de Radio France, c'est le doyen des administrateurs qui va assurer l'intérim à la tête du groupe : Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien DRH de plusieurs grands groupes (Sanofi, Elf Aquitaine, PSA, BPCE). 

Le président du CSA, Olivier Schrameck, avait indiqué qu'en cas de révocation,  l'institution désignerait un successeur à Mathieu Gallet en vertu des règles actuelles. Un processus inédit qui prendra plusieurs mois.

Mathieu Gallet a réagi, jeudi 1er février, pour la première fois depuis sa révocation dans un court message adressé aux collaborateurs de Radio France. "Il est essentiel, même si cela n'est pas facile au cours de cette période, de rester mobilisés au service de Radio France et de ses publics", écrit-il après avoir annulé la cérémonie des vœux prévue jeudi. Mathieu Gallet réunira le personnel de Radio France lundi 5 février dans l'auditorium de la Maison de la Radio.