IBM prêt à supprimer plus de 1 200 postes en France

La direction a annoncé la nouvelle aux syndicats lors d'un comité central d'entreprise.

Un salarié d\'IBM, masqué, devant le centre de recherches IBM de La Gaude (Alpes-Maritimes), le 9 août 2012.
Un salarié d'IBM, masqué, devant le centre de recherches IBM de La Gaude (Alpes-Maritimes), le 9 août 2012. (ERIC GAILLARD / REUTERS)

Les syndicats le sentaient venir, ils en ont désormais la confirmation. Le géant américain de l'informatique IBM envisage de supprimer "plus de 1 200 postes" sur les 9 700 que compte le groupe en France. La direction l'a annoncé aux représentants du personnel lors d'un comité central d'entreprise, mercredi 24 avril.

"La direction nous a dit que sa 'réflexion allait vers une nécessité de supprimer plus de 1 200 emplois' sur deux ans", a expliqué le délégué central de l'Unsa, premier syndicat du groupe. Son homologue de la CFDT a ajouté qu'IBM allait s'appuyer sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) pour supprimer ces emplois. Une manière d'éviter un plan social.

Lorsque l'information avait commencé à circuler, la semaine dernière, les syndicats n'avaient pas caché leur affolement. "On perd environ 500 personnes par an. Il y a quinze ans, nous étions 26 000", avait ainsi déploré Pierry Poquet, délégué central. "Il faut qu'IBM précise comment on pourra fonctionner avec autant d'emplois en moins", avait ajouté Christian Berveglieri, secrétaire du CCE et représentant de la CFE-CGC, deuxième syndicat chez IBM.

Des résultats en berne, et des employés stressés

Après avoir annoncé des résultats inférieurs aux attentes le 18 avril, le directeur financier d'IBM avait ouvert la porte à des suppressions de postes dans le monde. Il avait précisé que le groupe consacrerait cette année près d'un milliard de dollars pour réduire les effectifs et que cela se ferait "comme l'année dernière", en dehors des Etats-Unis.

Cette annonce intervient alors que l'entreprise a été concernée par plusieurs suicides ces derniers mois, ce qui faisait craindre à la CGT un "syndrome France Telecom". Nos confrères de France 3 Côte d'Azur avaient recueilli, en mars, les témoignages de plusieurs salariés "mis dans un état d'épuisement et d'isolement complet".

France 3 Côte d'Azur - Pascal Varnier, Frédéric Cerulli et Johann Gross