Google va tailler dans les effectifs de Motorola

Le géant du web, qui a racheté le fabricant de téléphones portables en mai, s'apprête à supprimer 4 000 emplois. Objectif : renouer avec les bénéfices.

Motorola a été racheté en mai 2012 par Google pour 12,9 milliards de dollars.
Motorola a été racheté en mai 2012 par Google pour 12,9 milliards de dollars. (BRENDAN MCDERMID / REUTERS)

ENTREPRISES - En rachetant Motorola, Google met le fabricant de téléphones portables américain au régime sec. Le géant de l'internet confirme, lundi 13 août, qu'il s'apprête à supprimer quelque 4 000 emplois chez Motorola, dont deux tiers hors des Etats-Unis. Objectif : que Motorola, achetée en mai, renoue rapidement avec les bénéfices. 

Motorola fournira aux salariés concernés "de généreuses indemnités de licenciement" et se propose d'aider à leur reclassement, assure un porte-parole de Google. L'information a été dévoilée lundi par un article du New York Times (article en anglais) indiquant sur son site internet que Motorola "a dit à ses employés dimanche qu'il va supprimer 20% de ses effectifs et fermer un tiers de ses 94 bureaux dans le monde". Le tiers de ces 4 000 suppressions d'emplois va concerner les Etats-Unis, confirme au quotidien Dennis Woodside, le nouveau directeur général de Motorola. Google n'a donné aucun détail à ce stade sur la localisation exacte des emplois concernés hors des Etats-Unis.

Objectif : rattraper le retard sur les smartphones

Le géant de l'internet indique "comprendre à quel point ce sera difficile pour les employés concernés", tout en expliquant qu'il "attend de cette stratégie la création de nouvelles opportunités et un retour aux bénéfices pour le département mobile de Motorola". Google entend aussi faire sortir Motorola des marchés non rentables et lui faire stopper la fabrication des portables bas de gamme pour se concentrer sur quelques modèles, contre une douzaine actuellement. Motorola va, en outre, réduire ses opérations en Asie et concentrer ses activités de recherche et de développement à Chicago et à Sunnyvale (Etats-Unis), ainsi qu'à Pekin.

Il s'agit de la première étape dans la stratégie conçue par Google pour remettre à flot le fabricant du célèbre portable Razr. L'an dernier, Motorola avait tenté de se refaire une santé en lançant sa tablette Xoom, mais celle-ci avait rencontré peu de succès. Finalement, Motorola avait été racheté en mai par Google pour 12,9 milliards de dollars, une acquisition qui permettait au géant de l'internet de contrôler la fabrication d'appareils utilisant son système d'exploitation pour appareils portables Android, et de mettre la main sur quelque 17 000 brevets. Longtemps numéro un sur le marché de la téléphonie mobile, il a raté le tournant des smartphones, dominé aujourd'hui par Apple et le sud-coréen Samsung.