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Fâché contre Hollande, un patron construit son usine au Maroc

Yves Bontaz fera bâtir un site de 3 000 m2 au Maroc plutôt qu'à Marnaz (Haute-Savoie). La faute selon lui à des "charges trop lourdes en France".

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France Télévisions
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Le chef d'entreprise Yves Bontaz, le 19 janvier 2012. (GREGORY YETCHMENIZA / LE DAUPHINE / MAXPPP)

ECONOMIE – "Si Hollande passe, je ne construis pas mon usine à Marnaz [Haute-Savoie]." Chose promise, chose due, Yves Bontaz a mis sa menace à exécution. Ce chef d'entreprise ira lancer son site d'assemblage de 3 000 m2 ailleurs, au Maroc, révèle Le Dauphiné libéré lundi 3 septembre. "Depuis Hollande, je n’ai plus le moral ni le goût de travailler. Sarkozy avait fait des bricoles, mais il a tout enlevé. Montebourg présente même les patrons comme des adversaires. Alors pour nous, investir, c’est terminé", explique cet adhérent UMP.

L’affaire semblait pourtant bien engagée, puisqu’Yves Bontaz avait même réservé un terrain dans une zone industrielle de Marnaz, précise Le Parisien/Aujourd'hui en France (article abonnés), mardi 4 septembre. Mais cet ancien ouvrier a jeté l’éponge. La faute, selon lui, à des "charges trop lourdes en France" et à des inquiétudes politiques. "Le gouvernement Hollande ne veut rien faire pour la compétitivité. Nos prix ne seront donc plus compétitifs. C’est grave." Des griefs développés dans un ouvrage mis en ligne en avril, M. Hollande, pourquoi chassez-vous les entrepreneurs de France ? (PDF).

Selon l'industriel, "la France est la risée du monde"

Avec cette annonce, l’économie locale voit s’envoler 400 emplois et avec eux, un sacré bol d’air. Interrogé par Le Parisien, le maire de Marnaz, Loïc Hervé (Nouveau Centre), souhaiterait qu'Yves Bontaz "revienne sur sa décision" car il est "dommage de faire payer à notre territoire des différences de vues sur le plan politique".

Pour autant, le délégué général du Medef local, Patrick Lucotte, dit au quotidien ne pas avoir "le sentiment qu’un mouvement existe parmi les chefs d’entreprise de Haute-Savoie pour aller voir ailleurs, juste par rapport à un contexte politique".

Yves Bontaz a tenté sa chance dans la course à l'Elysée, en janvier 2012, mais n'a pas recueilli les 500 parrainages nécessaires. Au total, il emploie 1 800 personnes, dont 350 en France. Sur son site, il explique en avoir "assez que la France soit la risée du monde" et fait la promotion de deux de ses livres : Après les flonfons, les rêves s'envoleront ! et Cours sur la croissance pour Nicolas Sarkozy.

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