Fermeture de Bridgestone à Béthune : "C'est clair et définitif, on entame une phase de deuil", réagit le maire

"Il faut maintenant qu'on donne des perspectives à court terme aux salariés", se résigne Olivier Gacquerre. Pour Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, "le bras de fer" avec Bridgestone continue.

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L'usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais), le 21 septembre 2020. (DENIS CHARLET / AFP)

"Pour le territoire, on entame une phase de deuil", a réagi jeudi 12 novembre sur franceinfo le maire UDI de Béthune Olivier Gacquerre, après l'annonce par la ministre de l'Industrie Agnès-Pannier Runacher, à la mi-journée, que le géant Bridgestone allait quitter l'usine du Pas-de-Calais, qui emploi 863 personnes.

Bridgestone avait annoncé la fermeture de ce site du Pas-de-Calais en septembre dernier, le gouvernement avait proposé un plan pour sauver 460 à 560 emplois mais le géant japonais a pris sa décision. "Ça y est, on a compris que c'était clair et définitif", indique Olivier Gacquerre qui a participé à une réunion le matin entre la direction du site, des élus, et des syndicats pour faire le point sur le projet proposé par Bercy de sauvetage du site de production de pneumatiques. Bridgestone a "mis fin à 60 ans de mariage avec le territoire", déplore le maire qui estime que lorsqu'on arrive à un certain âge, "il faut réfléchir à l'intelligence ou pas de divorcer".

"Ils ont une logique uniquement financière"

"Il faut maintenant qu'on donne des perspectives à court terme aux salariés, et puis, pour le territoire, qu'on réfléchisse maintenant à la reconversion du site", ajoute Olivier Gacquerre. Sur ce point, Bridgestone n'a "pas joué le jeu" estime l'élu, qui raconte que la discussion "a duré cinq minutes : on a eu des slides et des présentations sur le reste, mais là-dessus rien".

Quand on parle de responsabilité sociétale d'entreprise, pour le coup, Bridgestone est complètement absente.

Olivier Gacquerre, maire de Bethune

à franceinfo

Olivier Gacquerre juge qu'il n'y a "pas eu de volonté de regarder comment on pourrait poursuivre une aventure française : ils sont en train de délocaliser, et ils ont une logique uniquement financière." Le maire de Béthune fait part de sa déception, surtout au vu des propositions faites par le gouvernement et les collectivités pour sauver le site. "On avait eu le sentiment qu'il y avait de quoi pouvoir écrire une nouvelle histoire."

"Sur le papier, le cabinet Accenture, qui avait été mandaté par le gouvernement, a apporté un scénario qui nous semblait complètement crédible et accepté par les salariés, qui devaient faire des efforts et des gains de productivité. Tout le monde avait dit oui. Et on se retrouve bien mal aujourd'hui de nous dire non : ça veut donc dire que dès le départ, Bridgestone n'avait pas envie d'étudier un scénario avec nous", accuse le maire de Béthune.

"On ne jette pas les salariés comme des Kleenex", estime Xavier Bertrand

"Le bras de fer continue, ils ne vont pas partir comme ça", s'est emporté de son côté Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France. "La ministre l'a dit, l'avenir sur ce site ne s'écrira pas avec Bridgestone et d'une certaine façon, vu leur attitude ces dernières années, ces derniers mois, il n'y a plus personne qui leur fait confiance", estime Xavier Bertrand. Il met en garde la direction de Bridgestone : "Ils ne vont pas partir comme ça parce qu'on est en France. On ne jette pas les salariés comme des Kleenex. Aujourd'hui, ce qu'on attend d'eux, c'est qu'ils mettent le maximum pour que les salariés puissent individuellement rebondir et pour que ce territoire puisse rebondir."

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