Argenteuil : une prime d'assiduité que ne pourront pas toucher femmes enceintes et grévistes fait polémique

La ville d'Argenteuil (Val-d'Oise) a acté, mardi soir, l'instauration d'une prime d'assiduité annuelle à hauteur de 500 euros bruts, rapporte France Bleu Paris. Elle sera effective à partir du 1er janvier 2018 mais ne s'adresse pas à tout le monde.

Le conseil municipal d'Argenteuil (Val-d'Oise) a voté, dans la soirée du mardi 19 décembre, l’instauration d'une prime d'assiduité qui doit être mise en place au 1er janvier prochain, rapporte France Bleu Paris, mercredi. L'objectif de la mairie est de lutter contre l'absentéisme de ses agents. Près de 500 euros bruts par an et par agent récompenseront une assiduité parfaite. Mais les conditions d'obtention de cette prime font polémique et sont pointées du doigt par certains conseillers municipaux et les syndicats.

Une prime dégressive

Chaque jour d'absence correspondra à 25% de la somme en moins. Au bout de quatre jours, un agent absent perdra l'intégralité de sa prime. "C'est une prime supplémentaire", a précisé le maire Georges Mothron (LR) lors de la présentation de la délibération en conseil municipal : "Ceux qui supportent la charge de travail seront gratifiés."

Pour les syndicats, cette "carotte ou prime à la présence" s'apparente à un bâton. "Les femmes enceintes, les grévistes, les accidents du travail seront exclus de cette prime, c'est amoral et injuste !", s'insurge Pascal Videcoq, secrétaire CGT des territoriaux d'Argenteuil. Concernant les congés maternité, le conseiller municipal Frédéric Lefebvre-Naré (MoDem) ajoute qu'"une femme qui tombe enceinte en mars aura la double peine, pas de prime pendant deux ans puisque sa maternité sera à cheval sur deux années, c'est inacceptable".

L'aspect légal de la mesure mis en cause

La légalité de cette mesure est également mise en cause. "La grève est un droit inscrit dans la constitution, nous irons au contrôle légalité", avertit l'ancien maire d'Argenteuil Philippe Doucet (PS), qui demande maintenant à l'État de se prononcer.

Interrogés par France Bleu Paris, ni le maire Georges Mothron, ni le premier adjoint Xavier Péricat n'ont souhaité s'exprimer.