Amiante à la tour Montparnasse : vers une évacuation ?

Selon "Le Figaro", de l'amiante a été trouvée dans les gaines de désenfumage de la célèbre tour parisienne. Ce qui pourrait entraîner l'évacuation des 5 000 salariés qui y travaillent.

La tour Montparnasse à Paris, le 14 février 2014.
La tour Montparnasse à Paris, le 14 février 2014. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La question de l'évacuation de la tour Montparnasse est relancée. De l'amiante a été trouvée dans les gaines de désenfumage de la tour, selon un rapport technique, révèle Le Figarovendredi 5 décembre, qui estime que pour désamianter, il faudra vider l'immeuble de ses 5 000 salariés.

Chargé de répertorier tous les matériaux de l'immeuble contenant de l'amiante, le rapport démontre que cette fibre cancérigène est présente dans les gaines de désenfumage de la tour qui "distribuent de l'air pollué dans tous les étages", affirme le site du quotidien. "Il ne sera donc pas possible de désamianter sans vider, pendant plusieurs années, un bâtiment où travaillent 5 000 salariés", estime Le Figaro selon lequel ce fait nouveau "met complètement par terre l'argumentation des copropriétaires qui estimaient pouvoir désamianter sans fermer la tour".

10 à 20% des cancers du poumon dus à l'amiante

Le rapport, qui avait été demandé en mai dernier par le préfet de Paris pour comprendre les causes de dépassements répétés des seuils de pollution, doit être remis le 10 décembre à l'Inspection du travail, selon le quotidien. Le célèbre édifice parisien s'est retrouvé dans la tourmente à l'été 2013, avec des épisodes de pollution, qui avaient poussé des entreprises et la région Ile-de-France à évacuer par précaution. Un expert avait mis en cause en particulier l'organisation des travaux, que les copropriétaires ont ensuite décidé de suspendre jusqu'à la mi-2015.

Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Paris, notamment pour "mise en danger de la vie d'autrui", et une vingtaine de salariés ou ex-salariés ont engagé une action aux prud'hommes pour faire valoir un "préjudice d'anxiété".

En France, 10 à 20% des cancers du poumon et 85% des mésothéliomes seraient dus à l'amiante. Les maladies survenant jusqu'à 40 ans après l'exposition, le nombre de décès imputables à l'amiante va continuer de croître et le mésothéliome à lui seul pourrait provoquer 1 000 décès par an en 2020.