Finalement, c'est la SNCF qui paiera les TGV commandés par l'Etat à Alstom

Pour sauver l'usine de Belfort, le gouvernement avait commandé quinze rames en octobre dernier. Mais c'est la SNCF qui devra régler la facture de 480 millions d'euros.

Un TGV à quai à la gare de Lyon, à Paris, le 7 janvier 2017. 
Un TGV à quai à la gare de Lyon, à Paris, le 7 janvier 2017.  (MANUEL COHEN / AFP)

C'est une facture (très) salée qui vient d'atterrir sur le bureau de la SNCF : 480 millions d'euros. Elle correspond à l'achat de quinze TGV à l'usine Alstom de Belfort. Pourtant, cette commande n'a jamais été passée par l'entreprise ferroviaire, mais par l'Etat lui-même. En octobre dernier, le gouvernement avait en effet décidé de donner un coup de pouce au site belfortain, dont l'avenir était menacé.

Initialement, ces TGV étaient destinés aux lignes à petite vitesse Intercités, dont l'État a la responsabilité. Mais, à l'époque, l'idée de faire rouler des TGV sur des lignes Intercités avait surpris. L'exécutif a donc changé ses plans. "On est revenu sur l'idée que ça serait des rames TGV qui rouleraient sur des lignes normales, ce qui paraissait peu cohérent", indique un porte-parole de la SNCF à l'AFP. Ces quinze nouvelles rames circuleront donc sur la ligne TGV Sud Europe Atlantique (SEA), entre Paris et Bordeaux, dont la mise en service est prévue à partir de 2019. Ce qui signifie que c'est désormais à la SNCF de mettre la main au portefeuille.  

Une "bien meilleure" solution

Ce nouveau scénario doit encore être validé par le conseil d'administration de SNCF Mobilités prévu le 23 février. Malgré tout, l'entreprise semble trouver des arguments pour se réjouir de ce retournement de situation. Elle assure qu'elle va ainsi faire des économies. Cette commande "forcée" va lui éviter de dépenser 150 millions d'euros pour rénover 24 vieilles rames, dont "certaines ont quasiment 35 ans", et "plusieurs centaines de milliers d'euros" en maintenance. 

"C'est finalement une opération qui est profitable, et une solution qui est en tout cas bien meilleure que la solution antérieure qui avait été envisagée", souligne un responsable du groupe ferroviaire.