Trois questions sur l'accord de principe entre Veolia et Suez en vue d'un rapprochement

Après plusieurs mois de bataille médiatique et juridique, les deux groupes ont annoncé lundi avoir trouvé un accord. Veolia va racheter une partie des activités de son concurrent dans le traitement de l'eau et des déchets.

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Radio France
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Un stand de l'entreprise Veolia à côté de son concurrent Suez durant le salon des maires, le 22 novembre 2017 à Paris. Photo d'illustration. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

La hache de guerre semble enterrée, après des mois de combat, tant médiatique que judiciaire. Suez et Veolia annoncent, lundi 12 avril, un accord de principe sur un rapprochement. Concrètement, Veolia va racheter une partie des activités de son concurrent dans le traitement de l'eau et des déchets. Il va devenir un peu plus encore un géant mondial, avec un chiffre d'affaires estimé de 37 milliards d'euros.

Cet accord est-il une surprise ?

Les deux groupes se sont férocement affrontés depuis l'été 2020. Cette annonce peut donc être surprenante car les positions des uns et des autres semblaient absolument inconciliables et diverses procédures, tant devant la justice qu'auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF), étaient toujours en cours sans qu'on entrevoit un possible compromis.

Malgré tout, il ne s’agit pas vraiment d’une surprise car en coulisses, tant les milieux patronaux français que le gouvernement plaidaient de longue date pour une solution à l’amiable. "Un tel désaccord n'était profitable à personne", résume un conseiller de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. D’ailleurs, le directeur général du Trésor en personne a joué un rôle d'intermédiaire ces derniers mois entre Suez et Veolia, quitte à mettre alternativement la pression sur l'un ou sur l'autre.

Que prévoit l'accord ?

Il prévoit le rachat complet de Suez par Veolia au prix de 20,50 euros par action. Un tarif supérieur à l'offre initiale de Veolia, il s’agissait d’une exigence des dirigeants de Suez. Une fois ce rachat effectué, cet accord de principe, qui n'est pas encore définitif, prévoit que Veolia cède aussitôt, pour des raisons de concurrence, les activités "eau municipale et déchets solides" en France à un nouveau groupe Suez. Cela représente environ 25 000 emplois.

Ce nouveau Suez conserverait aussi quelques actifs à l'étranger mais n'afficherait quand même pas du tout la même taille que Veolia, avec 7 milliards d'euros de chiffre d’affaires contre 37 milliards de chiffre d’affaires pour Veolia. D'où le sentiment des syndicats de Suez d'assister à un marché de dupes. Ils s'estiment même carrément trahis par leur conseil d'administration.

Quel est le calendrier ?

Tout doit aller très vite puisque les deux groupes se donnent à peine jusqu’au 14 mai pour parvenir à la conclusion d'un accord définitif. Dans l'intervalle, ils suspendent tous les recours et toutes les procédures, notamment devant la cour d'appel de Paris, qu'ils avaient engagés l'un contre l’autre.

L'une des questions encore en suspens reste de savoir qui sera l'actionnaire ou les actionnaires du nouveau Suez. Sans doute là encore un compromis à venir entre des fonds d'investissement, Méridiam qui était proche de Veolia, et Ardian qui était proche de Suez.

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