Rapport de RTE sur la neutralité carbone : "Nous mettons tout à plat pour que les pouvoirs publics comparent les scénarios"

Le président du directoire du Réseau de transport d'électricité (RTE), Xavier Piechaczyk, a expliqué sur franceinfo que "tous les scénarios testés" dans le rapport sur la neutralité carbone publié lundi "sont des chemins possibles pour le pays".

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Radio France
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Un parc éolien en mer du Nord, le 20 octobre 2021 à Oostende (Belgique). (KURT DESPLENTER / BELGA MAG)

"Nous mettons tout à plat pour que les pouvoirs publics puissent comparer les scénarios", a expliqué sur franceinfo Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, après la publication d'un rapport lundi 25 octobre sur la neutralité carbone en  2050. Le Réseau de transport d'électricité (RTE), qui est le gestionnaire responsable du réseau public de transport d'électricité haute tension en France métropolitaine, a établi six scénarios sur la manière dont on pourrait produire de l'électricité sans avoir recours aux énergies fossiles, dans le but de parvenir à la neutralité carbone en 2050.

franceinfo : A combien quantifiez-vous la demande en électricité à l'horizon 2050 ?

Xavier Piechaczyk : Nous estimons que notre consommation va croître pour atteindre 650 Térawatt-heure par an en 2050. Cela représente une augmentation de 35% par rapport à ce que nous consommons aujourd'hui. Ce n'est pas le scénario le plus sobre, c'est notre hypothèse centrale. Nous avons testé deux autres scénarios de consommation, un scénario plus sobre qui nous ferait croître de 15% et un scénario de réindustrialisation profonde, dans lequel la consommation d'électricité pourrait croître de 60%.

La neutralité carbone passe par le développement des énergies renouvelables. Le 100% renouvelable est-il possible en France ?

Tous les scénarios que nous avons testés sont des chemins possibles pour le pays. Parmi ces chemins, il y a des scénarios qui tendent vers le 100% renouvelable mais tous les scénarios n'ont pas les mêmes atouts et les mêmes limites. Si la France choisit un scénario 100% renouvelable, les coûts du système électrique seront plus chers en 2050 que si la France décide de mélanger les énergies renouvelables et du nouveau nucléaire.

Pour réduire les coûts, il faut selon vous continuer à développer le nucléaire. Q'est-ce que cela signifie ?

La France a un parc de nucléaire de seconde génération qui va se prolonger et fermer pour des raisons industrielles d'ici 2060. La question que nous posons, c'est par quoi remplacer ce parc nucléaire vieillissant ? Est-ce qu'on le remplace par des renouvelables, par du nouveau nucléaire ou par les deux ? Sur le critère économique, nous avons démontré que des scénarios qui apportaient du nouveau nucléaire étaient moins chers mais ces scénarios nucléarisés ont aussi des défauts. Certains personnes se posent notamment la question des déchets. Nous mettons tout à plat pour que les pouvoirs publics puissent comparer les scénarios. Certains sont moins chers, d'autres plus, certains posent des problèmes de rythme de développement industriel, d'autres moins, certains posent des problèmes de déchets, d'autres moins.

Que construire quand on parle de nucléaire ?

Nous avons plusieurs scénarios. Certains scénarios ne comportent que des EPR, et un scénario comporte à la fois des EPR et des petits réacteurs modulaires, le produit qui a fait l'objet d'un soutien dans le plan France 2030. Nous avons démontré que, dès lors que l'on fait du nouveau nucléaire, ça tend à ce que les systèmes électriques soient moins chers en 2050.

On parle beaucoup du prix de l'énergie qui augmente beaucoup en ce moment. Ce prix va-t-il continuer à augmenter ?

Pour faire de la neutralité carbone, nous allons consommer plus d'électricité. Il faudra donc en produire plus. Par conséquent, le système électrique qui va produire toute cette électricité demain sera globalement plus cher, de l'ordre de 20 milliards d'euros par an. Cependant, lorsqu'on rapporte ce coût global du système électrique aux MWh consommés par les Français, notre estimation est qu'il ne devrait augmenter que légèrement, de l'ordre de 15% sur 40 ans. En 2050, la facture des Français en énergies fossiles sera nulle. Les Français vont donc faire des économies en se passant du pétrole et une partie de ces économies servira à acheter de l'électricité.

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