Nucléaire : que sont les SMR, ces "mini réacteurs" dans lesquels la France veut à son tour investir ?

La France se lance, avec du retard, dans la course technologique aux petits réacteurs nucléaires modulaires de poche, moins puissants que les réacteurs classiques mais de conception en série plus aisée. Ils ne devraient pas voir le jour avant 2035.

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Radio France
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Un prototype de réacteur SMR présenté sur le stand de la China national nuclear corporation, lors de la 15e Exposition internationale de haute technologie de Pékin, en Chine, le 25 mai 2012. (STRINGER / IMAGINECHINA)

Après une certaine course au gigantisme avec des réacteurs de plus en plus puissants, l'industrie nucléaire s'intéresse beaucoup aux petits réacteurs modulaires ou SMR ("small modular reactors"). Et si la France semble bien repartie pour un siècle de nucléaire, à observer la place que tient l’atome dans le plan d'investissement France 2030 de 20 à 30 milliards d'euros destiné aux chantiers d'avenir, dont le détail sera dévoilé mardi 12 octobre, il est aussi question de confirmer des investissements dans ces mini réacteurs nucléaires. De quoi s'agit-il ?

>> Le gouvernement pourrait lancer la construction de nouveaux réacteurs EPR avant le démarrage de Flamanville

Les plus petits de ces réacteurs de poche peuvent produire dix mégawatts (MW), les plus gros quelque 300 MW quand, actuellement, les centrales françaises produisent chacune entre 900 et 1 450 MW. Les réacteurs SMR utilisent, comme les réacteurs "classiques", la fission nucléaire et sont plus faciles à construire en série dans des usines et à assembler sur un site. Ils disposent en outre d'un mécanisme de sûreté censé leur permettre un refroidissement sans intervention humaine et avec moins d'eau. Enfin, grâce à leur petite taille, les réacteurs SMR peuvent être utilisés en appoint ou pour alimenter des lieux isolés.

Le premier SMR ne verra pas le jour avant 2035

Le projet français n'est pas nouveau. Depuis 2017, l’Etat français développe un SMR de 170 MW à eau pressurisée baptisé "Nuward". Fruit d'une collaboration entre le Commissariat à l'énergie atomique, l'électricien EDF, le groupe naval militaire Naval Group et le spécialiste des réacteurs compacts (notamment pour l'industrie navale), il aurait vocation à assurer le remplacement des centrales thermiques fossiles.

Initialement prévu pour l’export, EDF a d’ores et déjà évoqué la construction d’un prototype en France. Si le gouvernement a bien annoncé en décembre 2020 50 millions d’euros pour financer la phase d’avant-projet sommaire, le premier mini réacteur français ne devrait voir le jour, au mieux, qu'en 2035.

La Russie et la Chine loin devant dans la course

La France accuse un net retard et traîne loin derrière par exemple des pays comme la Chine ou la Russie. La Chine a ainsi démarré en juillet 2021 le chantier de ce type de réacteur sur l'île tropicale de Hainan, amené à devenir le premier au monde à entrer en service commercial. D'une puissance de 125 mégawatts, il doit permettre d'alimenter en électricité 526 000 foyers.

En 2019, la première centrale nucléaire flottante du monde, mise au point par la Russie, était arrivée à son port de stationnement permanent à Pevek, dans l'extrême-Orient russe, après un voyage de 5 000 kilomètres dans l'Arctique.

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