Crise de l'énergie : comment les autres pays d'Europe tentent d'endiguer la hausse des prix

La France n'est pas le seul pays européen à proposer une aide financière pour alléger la facture énergétique. Tour d'horizon des mesures d'urgence prises par nos voisins.

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Une gazinière. Photo d'illustration. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Haro sur la hausse des prix de l'énergie. Jean Castex a officialisé, jeudi 21 octobre, le versement d'une "indemnité inflation" de 100 euros, pour tous les "Français qui gagnent moins de 2 000 euros net par mois", sans distinction entre les automobilistes et les usagers d'un autre moyen de transport. Chez nos voisins aussi, les gouvernements se mobilisent contre la flambée des tarifs du gaz, du pétrole et de l'électricité qui grèvent le budget des ménages. De l'Espagne à la Pologne, en passant par l'Italie et le Royaume-Uni, franceinfo fait le tour des dispositifs d'aides mis en place par nos voisins. 

En Espagne, une baisse des taxes et un plafonnement des bénéfices

Très dépendante du gaz pour produire du courant, l'Espagne perd sur les deux tableaux et a vu le prix de l'électricité atteindre un niveau record début octobre, à 288 euros le mégawattheure (MWh) (contre 232 euros en moyenne lors des six premiers mois de l'année, d'après l'agence Eurostat). Pour prévenir cette crise énergétique, le gouvernement de Pedro Sanchez avait décidé dès juillet de baisser temporairement la TVA sur l'électricité, passant de 21% à 10%.

Mais cela n'a rapidement plus suffi et l'Espagne a décidé mi-septembre de baisser l'impôt spécial sur l'électricité de 5,1% à 0,5% d'ici la fin 2021. Autre mesure notable : les bénéfices réalisés par certains fournisseurs d'électricité (provenant de barrages ou d'autres sources d'énergies renouvelables) ont été plafonnés pour six mois, avec une redistribution des excédents vers les ménages. Un geste qui devrait permettre de reverser 2,6 milliards d'euros d'ici mars 2022 (en espagnol), espère l'exécutif.

Au Royaume-Uni, un fonds de soutien pour les ménages modestes

Fin septembre, le gouvernement britannique a mis une enveloppe de 500 millions de livres sterling (environ 590 millions d'euros) à disposition des collectivités locales pour aider les ménages les plus modestes. Le gouvernement précise sur son site (en anglais) que l'argent de ce "fonds de soutien aux ménages" peut être versé sous forme d'aides pour acheter de la nourriture, des vêtements, mais aussi pour payer les factures d'énergie. 

Une mesure fraîchement accueillie par l'opposition, ainsi que par plusieurs associations caritatives, qui y voient un simple "pansement" incapable d'améliorer la situation à long terme, rapporte le Guardian (en anglais)

En Allemagne, un coup de rabot sur les taxes

Mi-octobre, les gestionnaires du réseau électrique allemand ont annoncé que la redevance sur l'électricité baisserait de moitié en 2022 afin de contrer la hausse des prix. Une mesure bienvenue dans ce pays où l'électricité est la plus chère d'Europe (319 euros le mégawattheure en moyenne au premier semestre 2021, d'après Eurostat). 

Malgré une augmentation de 30% du coût du chauffage en un an, les autorités allemandes se refusent pour l'instant à encadrer les prix du gaz, car elles considèrent que cette crise est avant tout passagère. Aucune mesure non plus n'est prévue pour soulager les automobilistes, qui subissent une augmentation des prix à la pompe similaire à celle de la France.

En Belgique, un tarif social et un chèque de 80 euros

Le gouvernement fédéral belge joue les prolongations avec son tarif social de l'énergie pour les ménages les plus pauvres. La mesure, déjà étendue à plus de 400 000 personnes en 2021 à cause de la crise sanitaire, sera prolongée jusqu'à la fin mars 2022. Près d'un million de Belges supplémentaires peuvent bénéficier de ces prix avantageux, sur le gaz comme sur l'électricité, rapporte la RTBF.

En plus de ce tarif modéré, un "chèque énergie" de 80 euros est accordé en cette fin d'année aux ménages les plus modestes. Cette somme est directement déduite de la facture d'énergie d'un million de familles à travers le pays. Alors que les prix des carburants atteignent des records en Belgique (environ 1,80 euro le litre de sans-plomb 98 fin octobre), aucune mesure d'aide spécifique pour les automobilistes n'a pour l'instant été évoquée par le gouvernement.

En Italie, une enveloppe de 3 milliards d'euros pour amortir la hausse des prix

Fin septembre, le gouvernement italien a annoncé sa volonté d'absorber la hausse des prix de l'électricité et du gaz, estimée respectivement à 40% et 30% au cours du dernier trimestre de 2021. Pour agir sur la facture des Italiens, le gouvernement a donc suspendu les taxes sur l'énergie jusqu'à la fin de l'année.

Cette mesure varie néanmoins selon les revenus des ménages. Les quelque 2,6 millions d'Italiens qui bénéficient déjà d'une prime sociale sur l'énergie ne subiront aucune augmentation des prix du gaz. Les ménages plus aisés bénéficieront eux d'une TVA abaissée à 5%.

En Pologne, jusqu'à 1,1 milliard d'euros d'aides envisagées

Grande consommatrice de charbon pour sa production d'électricité, la Pologne ressent tout de même les effets de la crise de l'énergie. Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a annoncé mi-octobre que 330 millions d'euros seraient distribués en 2022 sous forme d'indemnités. Une enveloppe qui pourrait même, si nécessaire, être portée à 1,1 milliard d'euros, rapporte Radio Pologne sur son site (en anglais). L'aide pourra atteindre un montant maximum de 241 euros par mois et par personne. D'après le gouvernement, "un foyer sur cinq" sera éligible entre le 1er novembre 2021 et le 31 mars 2022.

Au Portugal, une aide de 10 centimes par litre d'essence

Le gouvernement portugais a choisi de compenser la hausse des prix des carburants avec une aide de 10 centimes d'euros par litre d'essence, dans la limite de 50 litres par mois. Un dispositif d'urgence qui doit durer du 1er novembre 2021 au 31 mars 2022. Jusqu'à cette date, le gouvernement s'est également engagé à ne pas augmenter les taxes sur le carburant. Des aides spécifiques pour les transporteurs routiers et les taxis sont prévues par ailleurs.

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