"Bouclier tarifaire" contre le bond des prix de l'énergie : l'État devra "compenser le manque à gagner des distributeurs", estime un spécialiste

"Nous ne sommes peut-être pas aujourd'hui au point le plus haut de la courbe" des prix de l'électricité et du gaz, selon Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'université de Paris Dauphine.

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Les tarifs de l'énergie augmentent au 1er octobre 2021. Photo d'illustration.  (ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

"Il va falloir quand même que l'État compense le manque à gagner des distributeurs", a estimé sur franceinfo Philippe Chalmin, professeur d'histoire économique à l'université de Paris Dauphine et spécialiste des matières premières et de l'énergie. Ce vendredi 1er octobre, les prix du gaz ont augmenté de 12,6%. Jeudi soir sur TF1, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la mise en place d'un "bouclier tarifaire" pour préserver les ménages des fortes augmentations des tarifs du gaz et de l'électricité.

franceinfo : Quel est le risque du "bouclier tarifaire" ?

Philippe Chalmin : Avec ce bouclier tarifaire, il va falloir quand même que l'État compense le manque à gagner des distributeurs, parce qu'ils vont devoir acheter le gaz au prix du marché. On avait entendu le président de la Commission de régulation de l'énergie qui annonçait une hausse de 12% en octobre mais aussi une hausse de 15% en novembre. Si ces 15% en novembre n'ont pas lieu, il va bien falloir que quelqu'un les compense.

Il faut donc que les prix dégringolent au printemps prochain ?

Ce qui est clair, c'est que normalement, il y a une certaine cyclicité dans les prix du gaz. Dans l'hémisphère Nord, on remplit les stocks de gaz l'été, et on consomme à l'approche de l'hiver. Et normalement à l'approche du printemps, les prix ont tendance à descendre un petit peu. Nous ne sommes peut-être pas aujourd'hui, au point le plus haut de la courbe. Au mois de mai 2020, on était à un prix historiquement bas du gaz naturel et au mois de janvier 2021, alors que l'hiver était d'un froid absolu en Asie, les prix avaient été multipliés par plus de 20. Raisonnablement, les prix devraient atteindre un pic quelque part d'ici à la fin de l'année. Ensuite, la demande étant plus faible, on devrait avoir une baisse relative des prix, sauf catastrophe géopolitique, climatique ou sanitaire. Mais est-ce que ça va dégringoler ? C'est difficile à dire.

Mais alors pourquoi les prix de l'électricité flambent-ils aussi ?

Sur l'électricité, on est sur un marché européen, où c'est le prix du dernier kilowatt-heure qui a été produit qui détermine le prix du marché. Et le prix du dernier kilowatt-heure, il vient tout simplement d'une centrale à gaz. Et donc il y a, dans une certaine mesure, une indexation du prix marginal de l'électricité sur le prix du gaz.

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