"On ne sait pas qui est qui" : à Marseille, un job dating réunit recruteurs et chômeurs dans des épreuves sportives

L'objectif de cette rencontre, supervisée par Pôle Emploi, est de s'éloigner des curriculum vitae et des entretiens formatés.

Une agence Pôle Emploi à Paris, le 1er novembre 2019.
Une agence Pôle Emploi à Paris, le 1er novembre 2019. (LÉA GUEDJ / FRANCE-INTER)

"Prêt, pied derrière la ligne, top !" Sur la ligne de départ, ils sont douze, répartis en équipe. Vêtus de T-shirts blancs, shorts et chaussures de sport, ce sont tous des participants à un job dating dans un stade de Marseille, jeudi 28 novembre. Une centaine de chômeurs et 15 recruteurs de sociétés du BTP, de la banque et de la grande distribution commencent cette journée de recrutement par des épreuves sportives. Une première qui s’inscrit dans le dispositif officiel des Jeux olympiques de 2024. 500 manifestations de ce type sont programmées d’ici deux ans. L'objectif est de s'éloigner des curriculum vitae et des entretiens formatés, pour notamment donner une chance aux jeunes des quartiers.

"Regarder différemment un candidat"

Parmi la foule de sportifs, impossible de distinguer les recruteurs des chômeurs. "Moi, je viens recruter", indique Cécilia Attard, qui recherche des animateurs périscolaires. "J'arrive déjà à voir s'ils sont hyper compétitifs pour gagner, ou s'ils sont là justement pour créer une cohésion de groupe. On repère aussi les leaders négatif dans un groupe." Dans son équipe, Tony, 23 ans, aimerait lui attirer l'attention du recruteur de Decathlon. "On ne sait pas qui est qui donc c'est bien, ils ont pu nous voir, nous observer dans le sport, dans ce qu'on fait dans le groupe", explique-t-il. "Ca détend l'atmosphère. Après, devant un employeur, c'est sûr que c'est différent."

Courir trop loin devant, cela signifie ne pas se préoccuper des autres.une recruteuseà franceinfo

Cette opération supervisée par Pôle Emploi n'est pas un coup de communication selon Elisabeth Moreau, directrice d'une agence qui gère 12 000 chômeurs. "On doit aussi accompagner les entreprises à regarder différemment un candidat, prendre de la distance par rapport aux CV formatés à l'expérience, à la formation de la personne, et au contraire se centrer sur ses qualités, son savoir-être, sa personnalité, qui il est", détaille-t-elle. A la fin de cette journée, 73% des participants ont été convoqués pour un entretien d'embauche.