Licenciement dans la fonction publique : "C'est purement honteux", fulmine la secrétaire générale de la CGT fonction publique

"Il ne nous a absolument rien dit ! Nous l'avons appris dans la presse", s'indigne Natacha Pommet qui, au-delà de la méthode, rappelle que "les processus disciplinaires" existent déjà.
Article rédigé par franceinfo
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Le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, le 6 mars 2024. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"C'est purement honteux", fulmine mercredi 10 avri sur franceinfo, Natacha Pommet, secrétaire générale de la CGT Fonction publique, au lendemain des annonces du ministre de la Fonction publique dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, où Stanislas Guerini a déclaré : "Je veux qu'on lève le tabou du licenciement dans la fonction publique".

La méthode, déjà, indigne la secrétaire générale de la CGT. Alors qu'une réunion était organisée par le ministre mardi avec l'ensemble des organisations syndicales, "il ne nous a absolument rien dit ! Nous l'avons appris dans la presse. C'est une méthode que l'on dénonce depuis plusieurs mois, face à ce ministre qui préfère la presse aux relations sociales avec les organisations syndicales", tacle Natacha Pommet.

"Une ligne rouge"

Quant au fond de la proposition, la position de la CGT est claire : "C'est vraiment une ligne rouge". Lorsque le ministre pointe les "treize licenciements pour insuffisance professionnelle en 2023 dans la fonction publique d’État", elle assure qu'"il y a des processus qui existent déjà", comme "les processus disciplinaires" ou "l'insuffisance professionnelle", qui "est quelque chose de reconnu et contre lequel on peut se battre". Avant un licenciement, elle souhaite que lorsque l'on "observe qu'un agent est en insuffisance professionnelle, il faut l'accompagner pour voir pourquoi", et l'aider, notamment grâce notamment à de la formation.

Dans Le Parisien, le ministre de la Fonction publique pointe un "dévoiement du statut de la fonction publique que de considérer, qu’au nom de la garantie de l’emploi, on ne puisse pas se séparer d’un agent qui ne ferait pas son boulot". Il ajoute : "La justice, c’est de récompenser les agents qui sont engagés et de sanctionner ceux qui ne font pas suffisamment leur travail". Mais Natacha Pommet s'indigne : "Licencier plus facilement au titre de quoi ? Au titre de l'idéologie néolibérale qui vient notamment d'annoncer plus de 10 milliards d'économies de dépenses publiques !"

"Stanislas Guérini est au service d'une idéologie néolibérale et absolument pas au service du public, comme le sont les 5,5 millions d'agents publics."

Natacha Pommet, secrétaire générale de la CGT Fonction publique

à franceinfo

"On jette l'opprobre en faisant croire que ces 5,5 millions de fonctionnaires souffrent d'insuffisance professionnelle", affirme Natacha Pommet, "c'est purement honteux de la part d'un ministre de la Fonction publique dont on attend depuis plusieurs mois de véritables négociations salariales pour augmenter nos salaires et qui marquent une profonde perte de pouvoir d'achat dans la fonction publique". Sur ce point aussi, "le compte n'y est pas", estime-t-elle. "C'est d'ailleurs ce qu'ont dit l'ensemble des organisations syndicales dans leur déclaration liminaire", lors de la réunion de mercredi, souligne-t-elle. Le ministre, "fait une énième loi fonction publique pour encore plus s'attaquer au statut", conclut-elle.

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