Les Français aiment leurs fonctionnaires mais attendent d'eux plus d'efforts, selon un sondage

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et "Le Figaro", les deux tiers des personnes interrogées ont une bonne ou très bonne opinion des fonctionnaires mais six Français sur dix estiment qu'on ne leur demande pas assez d'efforts.

Panneau d\'affichage au salon de l\'emploi public, le 12 juin 2014 (illustration)
Panneau d'affichage au salon de l'emploi public, le 12 juin 2014 (illustration) (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Les Français soutiennent les principales réformes prévues dans le projet de loi "fonction publique" du gouvernement. C'est ce qui ressort du sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 2 mai, alors que le texte est examiné aujourd'hui en commission par les députés. Ils ne souhaitent pas en revanche de baisse du nombre d'agents. 

Plus de temps de travail et de reconnaissance

Plus de huit Français sur dix (85%) se disent favorables à ce que la durée hebdomadaire de travail des fonctionnaires territoriaux, faisant actuellement moins de 35 heures, augmente. La mesure a la faveur des sondés, toutes sensibilités politiques confondues. Elle fait même la quasi-unanimité des sympathisants LREM et LR (93%).

La rémunération au mérite des fonctionnaires, prévue dans le projet de loi, emporte l'adhésion des deux tiers des personnes interrogées (67%). 78% des LREM et 83% des LR y sont favorables, À l'inverse, l'idée ne convainc qu'un électeur Insoumis sur deux (49%).

Sur la question du recours à davantage de contractuels plutôt qu'aux fonctionnaires sous statut, les Français restent partagés. 52% d'entre eux y sont favorables. Les plus fervents partisans de la mesure sont les sympathisants LREM (61%) et les électeurs LR (59%). À gauche, les proches de La France insoumise n'adhèrent à la mesure qu'à 37%. Ils sont 31% du côté du PS.

58% des Français plébiscitent un maintien ou une hausse du nombre d’agents

La réduction du nombre de fonctionnaires de 120 000 postes sur le quinquennat faisait partie des promesses de campagne du candidat Emmanuel Macron. Mais lors de sa conférence de presse jeudi 25 avril, le président s'est dit prêt à "abandonner" cet objectif. Selon l'enquête, les Français ne tiendrait pas rigueur au chef de l'Etat de ne pas tenir sa promesse.

Six personnes interrogées sur dix (58%) ne demandent pas que l'on réduise le nombre de fonctionnaires. Ils sont soit pour un statu quo des effectifs (37%), soit pour une augmentation de leur nombre (21%). À l'inverse, 41% d'entre eux souhaitent que la réduction promise soit mise en pratique. Sans surprise, ce sont les sympathisants LR (62%) et LREM (56%) les plus favorables à la réduction du nombre de salariés de la fonction publique. De l'autre côté de l'échiquier politique, 70% des personnes se disant proches du PS et 79% des électeurs LFI optent pour le maintien des effectifs ou pour leur augmentation.

65% d'opinions favorables, mais des attentes

Le sondage met en lumière la bonne opinion des Français de leurs fonctionnaires. Ils sont 65% à avoir une bonne ou une très bonne opinion d'eux. Les plus positifs se trouvent à gauche. Huit sympathisants PS (80%) et LFI (79%) sur dix voient les salariés de la fonction publique avec un œil favorable. Les moins élogieux se trouvent du côté du RN. 48% d'entre eux ont une mauvaise ou très mauvaise opinion des fonctionnaires. Ils sont 41% chez Les Républicains.

Même si les Français aiment leurs fonctionnaires, ils estiment malgré tout qu'on ne leur demande pas assez d'efforts. Selon le sondage, six sur dix (59%) ont cette impression. Le clivage politique reste là très marqué. 72% des sympathisants LREM, 71% des LR et même 60% des proches du RN leur demandent plus d'efforts. À l'inverse, 70% des proches du PS et, dans une moindre mesure, 59% des sympathisants de La France insoumise pensent qu'on leur en demande trop.

 * Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet du 30 avril au 2 mai, sur un échantillon de 1 000 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.