Éric Dupond-Moretti veut une justice "totalement" filmée et diffusée : une "fausse bonne idée" estime la secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature

Selon Sarah Massoud, la captation de tous les procès comme le souhaite le ministre de la Justice mérite "des expérimentations et concertations", ce qui prendrait "des mois voire des années".

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Radio France
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Une cameraman filme les scellés d'un procès au palais de justice de Saint-Etienne (Loire), en 2011. Photo d'illustration. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti veut que les procès soient "totalement" filmés et diffusés pour rapprocher la justice des citoyens, a-t-il déclaré dans un entretien avec des lecteurs du Parisien publié lundi 28 septembre. "On a des doutes sur cette fausse bonne idée", a réagi Sarah Massoud, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, sur franceinfo ce lundi. "On a peur que ça soit encore la vision d'une justice sensationnelle, d'une justice-spectacle". Sarah Massoud a dit regretté une prise de parole prématurée d'un ministre dont elle juge qu'il "n'est animé que par des intentions très populistes".

"Ce n'est pas la priorité aujourd'hui"

La secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature n'est totalement opposée à l'idée de filmer la justice, pour éviter que son récit ne se construise dans l'imaginaire collectif que via les films ou séries policières ou judiciaires. Mais elle s'interroge sur les paramètres précis d'un tel dispositif. Si on décide de tout filmer, "il faut absolument une concertation et des expérimentations. Et ça prendrait des mois, voire des années, pour pouvoir le mettre en place", a indiqué Sarah Massoud. "Tout est une question de modalités", a-t-elle concédé, tout en arguant que "ce n'est pas la priorité aujourd'hui".

Pour la magistrate, les priorités aujourd'hui reposent sur plusieurs questions : "Qu'est-ce qu'on fait de cette justice civile ? Comment est-ce qu'on donne davantage de moyens aux services d'application des peines, aux services des affaires familiales ou à la justice prud’homale ?" Des sujets qui, selon elle, ne sont pas assez évoqués aujourd'hui.

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